13. juin, 2020

Oui, le mois de juin est le mois de l’Amour! Pas n’importe quel Amour. L’Amour à l’état pur : celui de Dieu Père qui s’exprime de différentes façons pour toucher nos cœurs de pierre.

Dimanche dernier, nous avons souligné la Très Sainte Trinité par laquelle le Souffle d’Amour de Dieu circule et nous fait vivre. (Lire le texte La Sainte Trinité à https://www.carnetspirituel.com/417151766/6919405/posting/la-sainte-trinit%C3%A9)

Demain, c’est la Solennité du Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ. Il n’y a pas de plus grand amour que celui de Dieu Père qui nous a donné son Fils unique et celui du Fils qui se donne en sacrifice pour nous racheter, en nous laissant, en plus, le mémorial de l’Eucharistie par lequel Il reprend vie, Corps et Sang, et se donne à nous encore et encore pour nous faire vivre.

Puis vendredi prochain, dans la continuité de ce don d’Amour, nous en célébrerons le symbole par excellence : le Cœur Sacré de Jésus. Ce Cœur débordant de l’Amour divin, qui bat constamment pour nous, mais souffrant de notre indifférence.

Et le samedi suivant, c’est la fête du Cœur Immaculé de Marie, celle par qui l’Amour est advenu sur terre.

Tout cet Amour! Que demander de plus? Rien. En rendre grâce, l’accueillir et en vivre à jamais!

 

 

7. juin, 2020

Je suis émerveillée par la grandeur de notre foi à nous, les Chrétiens! Notre foi au Christ, mort et ressuscité pour nous ouvrir le Chemin de la Vie éternelle afin de nous ramener vers le Père, n’est pas une foi en une unique personne, Jésus, mais aussi, et surtout, en un Dieu Père tout aimant qui s’est incarné, pour venir nous exprimer intimement son Amour, en ce Fils par l’Esprit Saint, le Souffle d’Amour, d’où provient toute vie. Ce Fils et cet Esprit étant Dieu aussi!

La Sainte Trinité. Quelle richesse!

La première personne à avoir expérimenté la plénitude de la Sainte Trinité est Marie. Marie a été son premier Temple. Et ce qui est fascinant, c’est que, comme Elle, nous aussi, nous sommes appelé-e-s à laisser la gloire de la Trinité faire sa demeure en nous et à La laisser se déployer dans toute sa beauté et sa grandeur! Dieu a fait sa demeure en Marie, qui a consenti à la venue de Jésus en Elle, par l’Esprit Saint, ce même Esprit que nous avons reçu à notre baptême dans la plénitude de l’Amour de Dieu Père.  

Notre baptême nous a donc ouvert la voie à la Trinité. De plus, nous avons été marqués du sceau des croyants par le Saint Crême. Nous sommes donc les enfants de la Trinité. Nous sommes appelé-e-s à La laisser prendre possession de tout notre être, à La laisser s’incarner en nous et à La laisser se manifester par nous.

Aujourd’hui, la liturgie célèbre la Très Sainte Trinité. N’est-ce pas l’occasion rêvée pour renouveler notre baptême afin de laisser la Sainte Trinité entrer plus profondément en nous pour qu’Elle y établisse davantage sa gloire, son Amour? Tout simplement en faisant notre signe de croix (avec de l’eau bénite, si c’est possible), car nous avons bel et bien été baptisé-e-s au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Nous pouvons prier ainsi : Dieu mon Père, c’est avec joie que je renouvelle mon baptême, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, pour ta plus grande gloire, Seigneur, et pour le salut des êtres humains. Amen.

Chaque fois que nous faisons notre signe de croix, nous actualisons notre baptême et nous consentons à la présence et à l’action bienfaitrice de la Sainte Trinité en nous et dans notre vie.

Notre vie toute entière est consacrée à la Sainte Trinité!

Je nous souhaite toute l’ouverture, tout l’accueil et l’abandon nécessaires pour laisser l’action créatrice de la Très Sainte Trinité faire son œuvre en nous. Soyons assuré-e-s qu’Elle nous comblera de toutes les grâces et bénédictions dont nous avons besoin personnellement.

Que la Vie de l’Amour Trinitaire abonde dans tout notre être et dans toutes les sphères de notre vie! Amen.

 

(L'image choisie est un détail d'une toile en cours de céation depuis trois ans. Je l'ai nommée L'Arbre de Vie Trinitaire. Elle représente, pour moi, l'Arbre de Vie qui siège au milieu de la Jérusalem Céleste.)

 

31. mai, 2020

Je suis quelque peu déçue que le mois de Marie se termine déjà… J’aimerais qu’il se poursuive toute l’année! Je ne sais si c’est parce que Marie est de plus en plus présente dans ma vie ou, plutôt, parce que je lui laisse de plus en plus de place…

Par contre, ce que je sais c’est que ma relation avec Marie s’est davantage approfondie ce mois-ci et, de fait, je me suis laissée modeler par Elle.

Cette année, j’ai eu un véritable coup de cœur, pour ne pas dire une révélation, pour le Magnificat! On m’avait dit, il y a quelques années, que ce cantique était une prière très puissante, mais je n’en avais pas tenu compte alors. Ce mois-ci, j’ai commencé à le lire tous les jours, trois fois de suite, le matin et le soir. Puis je ressentais une certaine frustration de ne pas en connaitre le texte par cœur, je m’arrêtais après les quatre premières lignes. Je l’ai donc appris par cœur. Et comme pour le récitatif biblique, en disant plusieurs fois ce texte biblique (Luc 1, 47-55), j’ai digéré la Parole, je l’ai intégrée.

Oui, le Magnificat est une prière puissante qui résonne en notre âme, qui fait corps avec nous! Elle procure aussi beaucoup de joie et d’espérance.

Surtout, je pense qu'elle nous permet de collaborer, par Marie, à l’œuvre de Dieu, car je sens cette prière comme une arme puissante, une arme de Lumière qui relève, guérit, nous met en marche et, surtout, qui a des répercussions insoupçonnées dans l’invisible.

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Aujourd’hui, en cette date de la fête de la Visitation de Marie, qui a lieu le même jour, cette année, que la très belle fête de la Pentecôte, soyons d'autant plus assuré-e-s de la présence de Marie à nos côtés. Elle, qui avant la descente de l'Esprit Saint sur les apôtres au Cénacle, avait déjà accueilli, une première fois, cet Esprit de Vie et de Vérité, lors de l’Annonciation, Esprit qui a pris chair en Elle!

En cette Pentecôte, que la prière du Magnificat vienne décupler l'action de l'Esprit Saint en nous et nous amène à vivre davantage en Dieu, dans Sa Divine Volonté, comblé-e-s, nous aussi, de ses grâces et portant du fruit!

Que notre âme, avec celle de Marie, exalte le Seigneur!

 

« Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,

Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais. »

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.

 

 

23. mai, 2020

À la fête de l’Ascension, nous soulignons le départ de Jésus vers son Père, notre Père.

Ce départ n’est pas un événement triste, car, par ce départ, Jésus sera encore plus présent. 

Avant son Ascension, Il avait fait une promesse à ses disciples : « Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : l’Esprit de vérité, lui que le monde ne peut recevoir, car il ne le voit pas et ne le connaît pas; vous, vous le connaissez, car il demeure auprès de vous, et il sera en vous. Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviens vers vous. D’ici peu de temps, le monde ne me verra plus, mais vous, vous me verrez vivant, et vous vivrez aussi. En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. » (Jean 14 16-20)

Après l’Ascension, grâce à l’Esprit Saint, la présence invisible du Christ devient donc visible par son incarnation en chacun de ses disciples, puis, au fil des siècles, en chacun, chacune des croyant-e-s.

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En préparation à la Pentecôte, qui aura lieu dans une semaine, demandons à l’Esprit Saint de nous combler de ses dons, en particulier celui de piété pour que nous développions une plus grande intimité avec le Seigneur.

La transsubstantiation vécue à chaque eucharistie nous ramène Jésus. L’absence de Jésus nous est rendue visible et ainsi Il peut faire corps avec nous par la communion au pain eucharistique et par l’adoration eucharistique. Sous ses deux formes, l’Eucharistie nous permet donc d’entretenir cette intimité.

Par contre, notre intimité avec le Seigneur est aussi et surtout renouvelée lors la consécration du pain et du vin eucharistiques, car nous aussi, à ce moment-là, nous devenons corps et sang du Christ!

Vous en doutez? Pas moi. Lorsque j’assiste à la messe, à la consécration, je demande à Dieu de consacrer toutes les personnes présentes dans l’église ainsi que moi-même. La semaine passée, j’ai vécu une toute autre expérience. En écoutant l’audio d’une messe en provenance directement de Lourdes, à 4 heures du matin (heure de Montréal), les yeux fermés, allongée dans mon lit, complètement abandonnée, effacée et disponible, lors de la consécration, j’ai senti et réalisé que je devenais vraiment, moi aussi, corps et sang du Christ. Au moment de la doxologie, le « Par Lui, avec Lui, et en Lui » est venu consolider ce ressenti.

« En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi, et moi en vous. » (Jean 14, 20)

 

 

20. mai, 2020

À Montréal, plusieurs églises ferment pour diverses raisons et sont transformées soit en condos ou en centres communautaires, selon les besoins de la population et les idées des entrepreneurs en immobilier.

Le 20 mai 2014, pour la fête de saint Bernardin de Sienne, j’avais décidé d’aller à la messe de 9 heures dans ma paroisse d’origine. C’était comme un pèlerinage qui me faisait retourner aux sources de ma foi, car c’est dans cette église que j’ai vécu mes premiers sacrements : le baptême, la première communion, le pardon et la confirmation. De plus, je me sens attachée à saint Bernardin : la dimension de l’amour chrétien étant le centre de sa prédication et parce qu’il priait le nom de Jésus, ce que je fais naturellement depuis des années. Sans que je m'en compte, ce Franciscain semble s’avérer, pour moi, un fidèle compagnon de route.

J’arrive toute joyeuse aux abords de l’église. Il y a beaucoup d’autos stationnées. Je m’attends à une grande fête. Je suis pile à l’heure. Je cherche un stationnement. Je cours vers le devant de l’église. Quelle déception! Les portes sont cadenassées. Une dame me dit que les autos appartiennent aux employé-e-s de l’école d’en face.

Je vais au presbytère où l’on m’annonce que l’église est condamnée, car insalubre. Je suis tellement déçue… Comment peut-on délaisser un tel monument? Selon moi, c’est la seule église de ce genre à Montréal! Elle nous transporte dans une autre époque et un autre pays, au temps de saint Bernardin, à Sienne.

De l’extérieur, on voit que le toit est en décrépitude. Elle est belle pourtant! Elle est toute en pierre avec son grand toit blanc arqué et son clocher dont la flèche s’élance haut dans le ciel. Elle ne date que de 1959… On l’a délaissée? Sur le côté, une affiche de la Ville de Montréal condamne le lieu à la fermeture.

Il parait qu’on va la démolir et en reconstruire peut-être une plus petite. Ça n’a pas de sens…

En marchant vers mon auto, comme une consolation et une vérité, j’entends d’une voix neutre : « L’Église doit se vivre autrement, Martine. » Mais je pleure… Je voulais revoir, avec mes yeux d’adulte, l’intérieur de cette église que je n’avais pas revu depuis l’âge de 7 ans.

Que sont les églises? Elles ne sont plus nécessairement ces lieux physiques que nous connaissions. Qu’est-ce qui constitue l’Église de Dieu? Ce sont les communautés nouvelles, les communautés religieuses, les familles spirituelles, les communautés de priants unies les unes aux autres dans l’invisible.

Oui, c’est cela l’Église de Dieu! Une grande communauté de croyants et de croyantes, liés les uns aux autres, qui se vit dans l’invisible. La grande Famille de Dieu. Je suis appelée à apprendre à faire Église autrement.

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Six ans plus tard, l’église Saint-Bernardin-de-Sienne est toujours là, mais dans un état de décrépitude avancée… Par contre, l’Église de Dieu est toujours jeune, debout et en marche!

Pendant les mois de confinement, nous avons expérimenté ce faire Église autrement, et ce n’est pas fini, ce n’est que le début! Nous avons été créatifs, disponibles, généreux. Et l’Église ne s’est pas tu pour autant, au contraire, l’Église de Dieu n’a jamais été aussi vivante, aussi en communion, aussi fréquentée! Nous avons fait Église autrement, notre église paroissiale est devenue église planétaire.

De plus, cette pandémie et son confinement ont permis aux croyant-e-s de développer davantage leur vie de foi et leur intimité avec le Seigneur.

Ce virus a peut-être fauché des milliers de vies, mais pas cette Vie qui se meut dans l’invisible, l’Église de Dieu!

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Pour lire l’Énoncé de l’intérêt patrimonial de l’église Saint-Bernardin-de-Sienne et voir plusieurs photos de l’intérieur de cette église :

https://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/PATRIMOINE_URBAIN_FR/MEDIA/DOCUMENTS/%C9GLISE%20SAINT-BERNARDIN%20%C9NONC%C9%20FINAL.PDF  

 

Pour visiter le top 10 des plus belles églises à Montréal, dont Saint-Bernardin-de-Sienne :

https://mesquartiers.wordpress.com/2017/11/21/top-15-des-plus-belles-eglises-contemporaines-a-montreal/