12. juin, 2022

Je suis émerveillée par la grandeur de notre foi à nous, les Chrétiens, Chrétiennes!

Notre foi au Christ, mort et ressuscité pour nous ouvrir le Chemin de la Vie éternelle afin de nous ramener vers le Père, n’est pas une foi en une unique personne, Jésus, mais aussi, et surtout, en un Dieu Père tout aimant qui s’est incarné, pour venir nous exprimer intimement son Amour, en ce Fils par l’Esprit Saint, le Souffle d’Amour, d’où provient toute vie. Ce Fils et cet Esprit étant Dieu aussi!

La Sainte Trinité. Quelle richesse!

La première personne à avoir expérimenté la plénitude de la Sainte Trinité est Marie. Marie a été son premier Temple.

Sœur Lucie de Fatima déclare que le mystère de la Très Sainte Trinité est ce qu’il y a de plus beau.[1] Elle écrit : « Notre-Dame est devenue le temple vivant de la Très Sainte Trinité : l’Esprit Saint qui est descendu sur elle, le Père qui l’a associée à son œuvre, et le Fils que le Très-Haut a engendré dans son sein virginal. Ce mystère de la Très Sainte Trinité est le fondement, le principe et la fin de toute notre prière, de tout notre être et de toute notre vie. De Dieu nous venons, à Dieu nous allons et en Dieu nous demeurons. »[2]

Ce qui est fascinant, c’est que, comme Marie, nous aussi, nous sommes appelé-e-s à laisser la gloire de la Trinité faire sa demeure en nous et à La laisser se déployer dans toute sa beauté et sa grandeur!

Notre baptême a déjà ouvert la voie à la Trinité, car nous avons reçu l’Esprit Saint dans la plénitude de l’Amour de Dieu Père. De plus, nous avons été marqués du sceau des croyants par le Saint Crême. Nous sommes donc les enfants de la Trinité. Nous sommes appelé-e-s à La laisser prendre possession de tout notre être, à La laisser s’incarner en nous et à La laisser se manifester par nous.

Aujourd’hui, la liturgie célèbre la Très Sainte Trinité. N’est-ce pas l’occasion rêvée pour renouveler notre baptême afin de laisser la Sainte Trinité entrer plus profondément en nous pour qu’Elle y établisse davantage son Royaume d’Amour? Tout simplement en faisant notre signe de croix (avec de l’eau bénite, si c’est possible), car nous avons bel et bien été baptisé-e-s au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Nous pouvons prier ainsi : Dieu notre Père, c’est avec joie que je renouvelle mon baptême, au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit, pour ta plus grande gloire, Seigneur, et pour le salut des êtres humains. Amen.

Chaque fois que nous faisons notre signe de croix, nous actualisons notre baptême et nous consentons à la présence et à l’action bienfaitrice de la Sainte Trinité en nous et dans notre vie.

Notre vie tout entière est consacrée à la Sainte Trinité!

Je nous souhaite toute l’ouverture, tout l’accueil et l’abandon nécessaires pour laisser l’action créatrice de la Très Sainte Trinité faire son œuvre en nous. Soyons assuré-e-s qu’Elle nous comblera de toutes les grâces et bénédictions dont nous avons besoin personnellement.

Que la Vie de l’Amour Trinitaire abonde dans tout notre être et dans toutes les sphères de notre vie! Amen.

 

(L'image choisie est un détail d'une toile en cours de création. Je l'ai nommée L'Arbre de Vie Trinitaire. Elle représente, pour moi, l'Arbre de Vie qui siège au milieu de la Jérusalem Céleste.)

 

 



[1] Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, Comment je vois le message à travers le temps et les évènements, Éditions Carmel de Coimbra, Fatima, 2006, page 57.

[2] Idem, pages 39-40.

 

 

5. juin, 2022

J’aime m’imaginer Marie, les apôtres et les disciples de Jésus en prière, ensemble au cénacle, attendant la venue de l’Esprit Saint. Puis la descente des langues de feu qui embrasent leur cœur et les font sortir de ce lieu clos pour proclamer les merveilles de Dieu.

Oui, en cette Pentecôte, nous sommes appelé-e-s, nous aussi, à nous laisser embraser du feu de notre Dieu d’Amour et à sortir de nos cénacles intérieurs.

Même si tous les jours nous prions l’Esprit Saint de nous guider, de nous soutenir, de nous transformer, de nous consoler, etc., cette fête vécue en Église nous permet de recevoir un renouveau d’Esprit Saint. Comme un moment clé de l’année où nous recevons, en communion les uns avec les autres, une bonne dose d’Esprit Saint pour nous remettre en route pour le reste de l’année.

L’Esprit Saint ne vient jamais seul, Il vient, chargé de dons : Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Connaissance, Adoration-louange et Affection filiale.

Dans un moment de prière, demandons à l’Esprit Saint de nous transmettre le don dont nous avons le plus besoin présentement, dans l’ici et maintenant de notre vie, soit la Sagesse, l’Intelligence, le Conseil, la Force, la Connaissance, l’Adoration-louange, l’Affection filiale.

Plus nous laissons l’Esprit travailler en nous, plus nous le laissons nous transformer, plus nous devenons, chacun, chacune, comme un arbre sur lequel se développent de bons fruits : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maitrise de soi.

Pour que de tels fruits poussent sur nos branches, il nous faut du courage, une bonne dose de pardon et l’audace des recommencements. Ainsi, la jalousie cède la place à la bienveillance, les rivalités se transforment en humilités et nos jugements en accueils inconditionnels et en actions charitables.

Dans un moment de prière, demandons à l’Esprit Saint de nous aider à laisser s’épanouir en nous un ou plusieurs de ses si bons et beaux fruits : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maitrise de soi.

Que l’Esprit Saint soit notre soutien, notre guide, notre joie et notre espérance!

Ô Esprit Saint, vient et renouvelle-nous!

 

 

31. mai, 2022

Je suis quelque peu déçue que le mois de Marie se termine déjà. J’aimerais qu’il se poursuive toute l’année! Je ne sais si c’est parce que Marie est de plus en plus présente dans ma vie ou, plutôt, parce que je lui laisse de plus en plus de place…

Ma relation avec Marie s’approfondie davantage, chaque mois de mai, car je me laisse imprégnée par Elle.

En 2020, j’ai eu un véritable coup de cœur, pour ne pas dire une révélation, pour la prière du Magnificat! On m’avait dit, quelques années plus tôt, que ce cantique était une prière très puissante, mais je n’en avais pas tenu compte alors. Depuis deux ans, je prie ce cantique presque tous les jours, souvent trois fois de suite. En apprenant le texte par cœur, cela vient faire le même effet que pratiquer le récitatif biblique, j’intègre cette Parole et elle fait œuvre en moi (Luc 1, 47-55).

Le Magnificat est une prière puissante qui résonne en notre âme, qui fait corps avec nous. Elle nous procure une force insoupçonnée pour nous soutenir dans notre vie quotidienne et lors des moments plus difficiles de notre vie. Elle est aussi génératrice de joie et d’espérance.

Je pense qu'elle nous permet de collaborer, par Marie, à l’œuvre de Dieu, car je sens cette prière comme une arme puissante, une arme de Lumière qui relève, guérit, nous met en marche et, surtout, qui a des répercussions insoupçonnées dans l’invisible.

Aujourd’hui, en cette fête de la Visitation de Marie, soyons d'autant plus assuré-e-s de la présence de Marie à nos côtés. Que la prière du Magnificat nous dispose à vivre davantage en Dieu, dans Sa Divine Volonté, comblé-e-s, nous aussi, de ses grâces et portant du fruit!

Que notre âme, avec celle de Marie, exalte le Seigneur!

 

« Mon âme exalte le Seigneur,

exulte mon esprit en Dieu, mon Sauveur!

Il s'est penché sur son humble servante;

désormais, tous les âges me diront bienheureuse.

Le Puissant fit pour moi des merveilles; saint est son nom!

Son amour s'étend d'âge en âge sur ceux qui le craignent.

Déployant la force de son bras, il disperse les superbes.

Il renverse les puissants de leurs trônes,

Il élève les humbles.

Il comble de biens les affamés,

renvoie les riches les mains vides.

Il relève Israël, son serviteur, il se souvient de son amour,

de la promesse faite à nos pères, en faveur d'Abraham et de sa race, à jamais. »

Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles. Amen.

 

 (Photo d'un vitrail de l'église Saint Veronica à Dorval)

 

 

20. mai, 2022

Le 20 mai 2014, pour la fête de saint Bernardin de Sienne, j’avais décidé d’aller à la messe de 9 heures dans ma paroisse d’origine. C’était comme un pèlerinage qui me faisait retourner aux sources de ma foi, car c’est dans cette église que j’ai vécu mes premiers sacrements : le baptême, la première communion, le pardon et la confirmation. De plus, je me sens attachée à saint Bernardin : la dimension de l’amour chrétien étant le centre de sa prédication et parce qu’il priait le nom de Jésus, ce que je fais naturellement depuis des années. Sans que je m'en rende compte, ce Franciscain semble s’avérer, pour moi, un fidèle compagnon de route.

J’arrive donc toute joyeuse aux abords de l’église. Il y a déjà beaucoup d’autos. Je m’attends à une grande fête. Je suis pile à l’heure. Je cherche un stationnement. Je cours vers le devant de l’église. Quelle déception! Les portes sont cadenassées. Une dame me dit que toutes ces autos appartiennent aux employé-e-s de l’école d’en face.

Je vais au presbytère où l’on m’annonce que l’église est condamnée, car insalubre. Je suis tellement déçue… Comment peut-on délaisser un tel monument? Selon moi, c’est la seule église de ce genre à Montréal! Elle nous transporte dans une autre époque et un autre pays, au temps de saint Bernardin, à Sienne.

De l’extérieur, on voit que le toit est en décrépitude. Elle est belle pourtant! Elle est toute en pierre avec son grand toit blanc arqué et son clocher dont la flèche s’élance haut dans le ciel. Elle ne date que de 1959… On l’a délaissée? Sur le côté, une affiche de la Ville de Montréal condamne le lieu à la fermeture.

Il parait qu’on va la démolir et en reconstruire peut-être une plus petite. Ça n’a pas de sens…

En marchant vers mon auto, comme une consolation et une vérité, j’entends d’une voix neutre : « L’Église doit se vivre autrement, Martine. » Mais je pleure… Je voulais revoir, avec mes yeux d’adulte, l’intérieur de cette église que je n’avais pas revu depuis l’âge de 7 ans.

À Montréal, plusieurs églises ferment pour diverses raisons et sont transformées soit en condos, en centres communautaires, ou autres, selon les besoins de la population et les idées des entrepreneurs en immobilier.

Que sont les églises? Elles ne sont plus nécessairement ces lieux physiques que nous connaissions. Qu’est-ce qui constitue l’Église de Dieu? Ce sont les communautés nouvelles, les communautés religieuses, les familles spirituelles, les communautés de priants unies les unes aux autres dans l’invisible.

Oui, c’est cela l’Église de Dieu! Une grande communauté de croyants et de croyantes, liés les uns aux autres, qui se vit dans l’invisible. La grande Famille de Dieu. Je suis appelée à apprendre à faire Église autrement.

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Huit ans plus tard, l’église Saint-Bernardin-de-Sienne est toujours là, dans un état de décrépitude avancée, son clocher enlevé et son presbytère disparu… Par contre, l’Église de Dieu est toujours là, dynamique, jeune, debout et en marche!

Pendant les mois de confinement de la pandémie, nous avions expérimenté ce faire Église autrement. Nous avons été créatifs, disponibles, généreux. Et l’Église ne s’est pas tu pour autant, au contraire, l’Église de Dieu n’avait jamais été aussi vivante, aussi en communion, aussi fréquentée! Nous avons fait Église autrement, notre église paroissiale étant devenue église planétaire.

Et ce n’est pas fini, comme nous y avons pris goût, nous continuons à vivre l’Église à l’échelle mondiale!

Ce virus a peut-être fauché des milliers de vies, mais pas cette Vie qui se meut dans l’invisible, celle de l’Église de Dieu!

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Pour lire l’Énoncé de l’intérêt patrimonial de l’église Saint-Bernardin-de-Sienne et voir plusieurs photos de l’intérieur de cette église :

https://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/PATRIMOINE_URBAIN_FR/MEDIA/DOCUMENTS/%C9GLISE%20SAINT-BERNARDIN%20%C9NONC%C9%20FINAL.PDF  

 

Pour visiter le top 10 des plus belles églises à Montréal, dont Saint-Bernardin-de-Sienne :

https://mesquartiers.wordpress.com/2017/11/21/top-15-des-plus-belles-eglises-contemporaines-a-montreal/

 

 

17. mai, 2022

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la fondation de la ville de Montréal.

Le 17 mai 1642, une île, entourée de cours d’eau limpides, île dont la nature sauvage est flanquée d’une magnifique montagne, est apprivoisée par l’homme civilisé.

Trois cent quatre-vingts ans plus tard, que reste-t-il de ce si bel environnement?

Des milliers de maisons, des dizaines de gratte-ciels, des kilomètres d’asphalte et de ciment ont envahi la ville. Sans compter les industries amenant avec elle leur lot de pollution… La montagne est toujours là, oh, quelques boisés y subsistent, le reste ayant été rasé pour un cimetière, des maisons, des stationnements, des routes, etc.

Par contre, depuis les années ’80, une certaine conscience environnementale s’est activée. On commence alors à créer davantage d’espaces verts, à tracer quelques pistes cyclables, à offrir des jardins communautaires. Ensuite, on essaie de contrôler les émissions de gaz à effet de serre des usines, des compagnies et des particuliers. On favorise le transport collectif, le covoiturage. Il n’y a pas si longtemps, on augmente le nombre d’arbres, on aménage les berges, on implante des toits verts. Tout cela pour créer un environnement plus sain. Est-ce suffisant? Le dérèglement de l’environnement se vit à l’échelle planétaire…

L’industrialisation et la société de consommation ont fait disparaître des centaines d’espèces animales à travers le monde. Même l’être humain est en souffrance, en carence, en « manque de nature ». Il développe diverses maladies liées sa sédentarité, à son alimentation et à son rythme de vie effréné.

Et pour être plus aptes à poursuivre cette course folle qui est de faire rouler l’économie vers un PIB optimal, on place les plus âgés, inactifs et non rentables, dans des résidences. (Sachez que je ne porte pas de jugement, car j’ai placé ma propre mère en résidence, puis dans un CHSLD quand elle a commencé à avoir de grandes pertes cognitives. Par contre, je me demande, s’il y avait, à l’époque, une possibilité de faire autrement. J’ai beau chercher, je n’en trouve pas…)

Toujours pour faire rouler davantage l’économie, on accueille des immigrants illégaux qu’on entasse dans des taudis et qui travailleront pour presque rien à des tâches difficiles et ingrates.

On se soucie plus ou moins de la pauvreté des familles, de la misère des mères monoparentales, de celle des personnes confrontées à un handicap, de celle des sans-abris, des prostituées, des toxicomanes, des dépendants de toutes sortes, des prisonniers, etc.

Puis est arrivée la COVID…

Cette pandémie, on le dit, on le sait, a fait ressortir tout ce qui n'allait pas dans nos sociétés. C’est comme si tout ce qui était à l’encontre de la vie et du gros bon sens nous a frappé de plein fouet.

Nous désirions tous des changements post-COVID pour la ville et la société dans laquelle nous vivons. Était-ce de l’ordre de l’utopie que d’espérer ces changements tant sociaux qu’environnementaux? Je ne sais pas, mais j'ai l'impression que l’expression chasser le naturel, il revient au galop fait vérité.

Dans certains pays, cette pandémie a enclenché un début de conversion sociale, un désir d'un autrement, et ce, à plusieurs niveaux, mais ce balbutiement de mise en marche vers ce qui génère la vie ne semble pas trouver écho partout...

Ravivons notre espérance en ce Temps pascal, où le Ciel est généreux en grâces jusqu'à l'effusion de l'Esprit à la Pentecôte, pour aller à la rencontre de Celui qui est Résurrection et qui est Vie. Il saura nous guider vers une transformation d’abord intérieure, puis sociale et planétaire, car, pour nous, Il ne désire que la Vie en abondance!