20. févr., 2022

La Vérité sort de la bouche des enfants

Qui de mieux qu’un enfant, avec toute sa pureté et son innocence, sa sensibilité et son authenticité, pour nous transmettre, avec simplicité, enthousiasme et profondeur, un message de la plus haute importance qui nous rebuterait s’il sortait de la bouche d’un adulte?

C’est ce que je ressens après la lecture de textes sur François et Jacinthe[1], ces petits bergers de Fatima, canonisés en 2017 par le pape François, et célébrés aujourd’hui au calendrier.

Qu’ont-ils fait de si extraordinaire ces enfants illettrés et gardiens de moutons pour être devenus saints?

Ils ont accueilli Marie et ses messages et ils se sont offerts, corps et âme, pour en témoigner, et ce, malgré des conditions parfois très difficiles : interrogatoires, menaces de mort, emprisonnements, et j’en passe.

Le 20 février 1920, mourrait, seule, dans un lit d’hôpital, la petite Jacinthe, 9 ans, après et dans de grandes souffrances. Précédemment informée en songe par Notre-Dame, Jacinthe avait accueilli à l’avance ce qu’elle vivrait, car son désir était de participer à la conversion des pécheurs afin qu’ils puissent vivre une vie éternelle au Ciel et pas ailleurs. Avant sa maladie, elle s’offrait pour ces conversions par toutes sortes de sacrifices, dès que l’occasion se présentait, comme celui de donner son goûter aux pauvres et manger, à la place, les glands amers des chênes.  

On dit de Jacinthe que, dès son plus jeune âge, elle était sensible aux souffrances du Christ et pleurait chaque fois qu’elle en entendait le récit. De plus, Lucie[2] considérait que sa cousine reçut de Marie une plus grande abondance de grâces, une meilleure connaissance de Dieu et de la vertu que François et elle.

Jacinthe fut précédée, au Ciel, par son frère François qui mourut de la grippe espagnole quelques mois plus tôt, à l’âge de dix ans, lui aussi dans de grandes souffrances.

De tout temps, le désir de François était d’aller au Ciel un jour. À partir des apparitions, sa vie sera transformée et il fera tout ce qu’il pourra pour consoler le Cœur de Jésus et celui de Marie. Alors, quand on lui dit que Notre-Dame l’accueillerait au Ciel à la condition qu’il prie beaucoup le chapelet, il ne fut pas déçu, au contraire, il en fut très heureux, car il savait qu’il irait au Ciel. Il devint de plus en plus contemplatif et priait presque constamment jusqu’à préférer rester dans l’église près de Jésus caché, comme il le disait, plutôt que d’aller à l’école…

Ce qui est touchant, c’est que François voyait Marie, comme sa sœur et sa cousine Lucie, mais lui, il ne l’entendait jamais parler. C’est dire la foi profonde qui l’animait!

Quels messages ces enfants voudraient-ils nous transmettre en 2022?

Peut-être, nous inviter nous aussi, à offrir notre vie, les joies comme les souffrances, pour la conversion des pécheurs, pour la paix dans le monde et pour la consolation du Sacré Cœur de Jésus et celle du Cœur Immaculé de Marie? Ils nous diraient que c’est facile et accessible à accomplir dans notre vie quotidienne : offrir notre mal de tête, notre manque de sommeil, notre difficulté à être en relation avec telle personne, offrir une privation quelconque, etc. Ce n’est pas les occasions qui manquent. À nous d’être créatifs!

Sans oublier de travailler à notre propre conversion…

Comment?

Tout simplement en accueillant l’Amour de Dieu dans notre cœur, en nous abandonnant à cet Amour en toute confiance et en développant une relation personnelle avec Lui. Puis, par la suite, entreprendre une relecture de notre vie, en portant une attention particulière à chacun de nos manquements d’amour, pour ensuite éprouver une contrition sincère pour chacun de ces manquements. Demander le pardon de Dieu en lui offrant tout et accepter son pardon. Sans oublier de se pardonner à soi-même.

Ensuite viendra un temps de guérison, car la guérison vient toujours après le pardon. En fait, c’est ce que Jésus a démontré lors de son passage sur terre. Il pardonnait les péchés de la personne avant de la guérir. Le pardon libère et nous permet de recevoir toutes les grâces dont Jésus et Marie désirent nous combler pour faire de nous des femmes nouvelles et des hommes nouveaux.

Si nous avons besoin d’aide pour marcher sur ce chemin de conversion, faisons des heureux, demandons à Jacinthe et à François de marcher avec nous. Ils sauront nous guider et nous soutenir et, de plus, ils en seront aux anges!



[1] João César Das Neves, Lucie de Fatima et ses cousins, Médiaspaul, 2016.