5. févr., 2022

Comme dans un roman…?

De quoi avons-nous besoin d’entendre parler dans le contexte actuel que nous vivons?

D’espérance? Oui, mais j’en ai parlé en novembre…[1]

De joie? Oui, mais j’en ai parlé en décembre.[2]                          

De paix?

Oui, de paix!

À ce que j’observe, on dirait que l’usure du temps a eu raison de la paix intérieure de beaucoup de personnes. Cette mise à l’épreuve, depuis deux ans, perturbe les habitants de la planète entière. S’ajoutant à tout ce qui se passait déjà : les famines, les dictatures, les guerres, les migrants, et, à plus petites échelles, les combats quotidiens de nombreuses personnes face à la maladie, aux dépendances, à la violence, aux injustices sociales, etc.

La résilience s’étiole. On place sa foi et son espérance dans les dirigeants. La confiance diminue et l’anxiété augmente. On ne sait plus quoi penser et on n’ose pas dire à voix haute ce que l’on pense vraiment.

L’être humain moderne perd ses repères habituels et cherche à s’adapter, se réinventer, se vivre autrement. Il a tout de même de la difficulté à accepter qu’il soit fort probable que la vie d’avant ne revienne jamais. Il survit. Il s’accroche. Il espère. Par contre, le « Ça va bien aller » de 2020 a perdu de sa force, il résonne comme un écho lointain qui finit par s’éteindre.

Chez beaucoup, la peur s’est instaurée, faisant insidieusement son œuvre de destruction massive, rendant les citoyens incapables de prendre le recul nécessaire. C’est que l’être dit civilisé a recontacté son centre primitif, instinctif, oubliant son essence profonde. La colère et la division ont fait elles aussi leur œuvre.

Bref, j’ai l’impression d’être entrée à l’intérieur d’un de ces romans de science-fiction que je lisais lorsque j’étais adolescente. Quoique ceux que je lisais n’étaient pas aussi sombres. On y retrouve tous les éléments nécessaires : un événement majeur qui sort de l’ordinaire et qui vient bouleverser du jour au lendemain la vie paisible des protagonistes, un laboratoire, des éprouvettes, des cellules grossies des milliers de fois, des sarraus blancs, des jaquettes, des masques, des visières, des gants, des tableaux et des graphiques de statistiques, des dizaines de conférences de presse télévisées, puis des méchants, des contestataires, des lois excessives, des restrictions, des interdits, des villes désertes, de la peur, de l’incertitude, des sauveurs qui s’épuisent et même qui y laissent leur peau à soigner des personnes branchées à des machines, beaucoup de morts, des populations décimées, etc.

Par contre, ce roman-là, je n’en connais pas la fin… Ni combien de pages il reste encore avant que les protagonistes, ceux et celles qui auront survécu, soient délivré-e-s de cette épreuve. Leur vie est comme en suspens. En attente.

Si nous étions dans un jeu vidéo, le boss final à affronter ne serait nullement le Coronavirus, mais bien le mal dans toute sa laideur. Le diviseur, si vous préférez. S’il en est un à qui profite vraiment ce que nous vivons, en plus de toutes les autres atrocités qui se passent sur terre, c’est bien lui.

La vigilance n’est pas seulement de se désinfecter les mains, de porter un masque et de respecter la distanciation, mais c’est aussi de veiller à ce que notre cœur soit en paix malgré le chaos extérieur. De veiller à ce que le diviseur ne s’y invite pas. Nous sommes donc appelé-e-s à quitter le monde instinctif pour celui de la transcendance.

Comment? En s’ouvrant, tout simplement, à plus Grand que soi. À accueillir cet Être d’Amour qui nous attend, dans notre cœur, les bras ouverts, désirant nous envelopper de sa paix. Ces temps-ci, si vous voulez placer votre confiance en quelqu’un, c’est bien en Lui que vous pouvez le faire!

La paix est le contraire de la toute-puissance. La paix est douce, humble, elle restaure et guérit. La paix se déploie, comme une onde remplie d’Amour et de joie profonde, et envahit tout notre être. De plus, elle nous offre une stabilité. Elle est solide comme le roc. La paix du cœur retrouvée, nous serons en mesure de disposer notre être à l’écoute du Souffle qui nous réconforte et nous guide.  

En attendant de savoir comment finira ce roman auquel nous participons bien malgré nous, vivre en Dieu s’avère la bonne alternative, pas nécessairement pour éloigner le Coronavirus, mais pour se protéger du pernicieux diviseur.

Et comme le dit saint Paul, ne vous inquiétez de rien; mais en toute chose faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications, avec des actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus Christ. (Ph 4, 6-7)