15. mars, 2020

La Vie jaillit!

Nous, les Adoratrices et Adorateurs Missionnaires de la Famille Reclusienne, nous sommes des êtres de prière, de contemplation et d’action, bien investis dans la vie humaine selon nos capacités. Nous prions Marie sous divers vocables, car nous recevons toutes et tous un de ses vocables en héritage lorsque nous prononçons notre premier engagement. Par exemple, j’ai reçu le vocable de Notre-Dame-de-Toute-Patience. Aussi, nous prions toutes et tous régulièrement le même vocable, celui de Marie, Notre-Dame de la Vie intérieure pour progresser vers l’intimité divine et rayonner Dieu auprès de nos frères et sœurs. Il arrive qu’à l’occasion, nous priions Marie, Notre-Dame de la Victoire.

Dans l’histoire de la ville de Montréal, qui se nommait à l’époque Ville-Marie, Marie est intervenue dans la protection de cette ville à quelques reprises par l’intercession de Jeanne Le Ber (1662-1714). Depuis deux semaines, je prie Marie, Notre-Dame de la Victoire et Jeanne Le Ber de protéger notre ville, notre province, notre pays et pourquoi pas, le monde entier du Coronavirus. J’ai foi en Marie. Je lui demande de nous envelopper de son manteau et de nous garder tous et toutes blotti-e-s dans son Cœur Immaculé.

Lorsque la panique s’est emparée de mes concitoyens, jeudi dernier, je n’ai pas compris tout de suite pourquoi ils avaient réagi de la sorte à la menace du Covid-19. Je considérais que notre gouvernement prenait les mesures de prévention nécessaires pour freiner le déploiement de ce virus dans notre province. Je trouvais cela sécuritaire. J’étais confiante. Il m’a fallu quelques jours pour comprendre.

La panique est une réaction normale lorsqu’il y a une menace réelle qui met notre vie en danger. Mais lorsqu’il n’y a pas de menace réelle dans l’ici et maintenant de notre vie, la panique semble plutôt révéler un manque.

Cette panique générale semble être le reflet d’un grand vide, d’un manque d’ancrage, d’un manque de foi même, causé par une absence à la Présence. Je sais ce dont je parle, car je suis de nature anxieuse (héritage génétique) et je réussis à vaincre cette anxiété par la foi.

Comme j’aimerais brancher mes concitoyens à un canal invisible qui mène à la Source pour qu’ils puissent se désaltérer avec l’eau vive du puits de la Samaritaine!

Pourquoi n’ai-je pas senti de menace, mais plutôt de l’étonnement et une paix qui m’habitait? La seule réponse que j’ai est ma foi en Dieu. Ce qui signifie pour moi vivre en Sa Présence et me laisser guider.

Ce matin, j’ai lu un texte intéressant ou l’on associait la panique, non pas au manque de foi, mais à l’action du mal. Je ne voudrais pas paraitre rabat-joie ou pessimiste, mais il est important de rester vigilants et d’avoir à l’œil cet aspect.

Par contre, de tout mal jaillit la vie!

Je considère qu’il y a tellement de bonnes choses associées à cet état d’urgence, à ce ralentissement des activités, à ce retour à l’essentiel! Prendre du temps pour être au lieu de faire. Goûter au moment présent. Être plus présents à soi, aux autres et à cette dimension spirituelle qui est en nous. S’émerveiller du printemps et percevoir qu’être dehors, dans la nature, que ce soit dans sa cour ou en marchant près de chez soi, pacifie et refait nos énergies. Se soucier des autres, pas juste de sa petite personne, se soutenir. Développer une certaine sagesse et un potentiel qui était resté jusque-là en dormance. Revoir nos priorités et faire des choix qui génèrent la vie.

Chaque moment qui nous est donné de vivre est un moment de bénédiction. À vous de découvrir la vie qui veut jaillir et de vous émerveiller de l’action de Dieu dans votre vie et dans celle des autres.

Pour ma part, depuis jeudi, lorsque je prie, je m’unis à la Trinité, à Marie et à la Communion des Saints pour diffuser une grande onde d’Amour et de Paix sur la terre.

***

De son côté, le Pape François nous invite aussi à prier Marie en ce temps de Coronavirus. Il a écrit une très belle prière à cet effet :

« Ô Marie,                                                                             

Tu brilles toujours sur notre chemin

comme un signe de salut et d'espoir.

Nous nous confions à toi, Santé des malades,

qui auprès de la Croix, a été associée à la douleur de Jésus,

en restant ferme dans la foi.

Toi, Salut du peuple romain,

tu sais de quoi nous avons besoin

et nous sommes sûrs que tu y pourvoiras

pour que, comme à Cana de Galilée,

la joie et la fête reviennent

après cette épreuve.

Aide-nous, Mère de l'amour divin,

à nous conformer à la volonté du Père

et à faire ce que nous dira Jésus,

qui a pris sur lui nos souffrances

et s’est chargé de nos douleurs

pour nous conduire à travers la Croix,

à la joie de la résurrection. Amen.

Sous Ta protection, nous cherchons refuge, Sainte Mère de Dieu.

Ne méprise pas les suppliques de ceux d'entre nous qui sont dans l’épreuve,

et délivre-nous de tout danger, ô Vierge glorieuse et bénie. »

 

***

En ce temps de Carême, la prière, le jeûne et l’aumône prennent ici tout leur sens!