16. nov., 2019

J’ai eu la joie de connaître sainte Gertrude d’une façon bien particulière. En 1995, le 6 novembre, journée du 5e anniversaire de la mort de mon père, je suis devenue lectrice et ministre de communion dans la paroisse Sainte Gertrude à Montréal-Nord. À la fin de la célébration eucharistique, un homme s’approche et me demande si je suis intéressée à jouer dans sa pièce de théâtre sur la vie de Sainte Gertrude pour souligner les 70 ans de la paroisse.

Jean-Paul Kingsley me propose d’interpréter la Vierge Marie et ma fille Pascale fut choisie pour le rôle de Sainte Gertrude dans la scène où celle-ci arrive au couvent à l’âge de 5 ans. J’ai connu ainsi la vie de cette sainte et dès lors, un lien très profond m’a unie à elle.

De plus, c’est dans cette église paroissiale que j’ai vécu l’une de mes plus grandes conversions ainsi que de très belles expériences pastorales. Cette église a été le berceau de ma vie spirituelle pendant quelques années. J’aime y retourner pour m’y recueillir et pour rendre grâce au Seigneur.

Sainte Gertrude, cette grande mystique qui a vécu de 1256 à 1302, a eu le privilège de recevoir la visite du Christ et celle de la Sainte Vierge Marie à diverses occasions. Elle a écrit plusieurs textes dans lesquels elle relate ses visions, présente des exercices spirituels et offre de nombreuses prières pour lesquelles elle a été déclarée Docteur de la prière de l’Église. Elle a été l’une des premières personnes à promouvoir la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.

Voici l’un de ses textes où elle s’adresse au Christ et dans lequel on voit tout l’amour qu’elle lui portait :

« Je vous préfère à toutes les créatures. Pour Vous, je renonce à tous les plaisirs. Pour vous, j’affronte toutes les adversités. Et de tout cela, il ne m’importe pas d’être louée, sinon de Vous seul. Car de tout cela, comme de tout bien, Vous seul êtes la Sève : je le proclame du cœur et des lèvres. Sous l’impulsion de votre ardeur, j’unis l’élan de ma piété à la vertu de votre prière, afin que la pureté de cette divine union, où sera dissipé tout instinct rebelle, me conduise au sommet de la suprême perfection. »[1]

 



[1] Jean-Paul Kingsley, Sainte Gertrude, jeu sacré en 9 tableaux, Éditions Maxime, Montréal, 1995, pages 44-45.

 

 

6. nov., 2019

À force de répéter des prières ou d’autres textes religieux (je pense ici aux textes de la messe) c’est comme s’ils en venaient à perdre leur sens, leur profondeur, car nous n’y portons plus attention et notre façon de nous positionner intérieurement en les récitant vient les dépouiller.

J’aimerais partager avec vous une expérience avec la prière du Notre Père qui a changé ma façon de prier certains textes.

C’était il y a quelques années, alors que je récitais cette prière en marchant dans ma cuisine. Je me souviens de m’être arrêtée net et retrouvée devant mon réfrigérateur : mon âme vibrait, je saisissais ce que Dieu attendait de moi avec ces paroles : « que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ».

Mais oui, c’est ça! La Volonté de Dieu n’est pas un acte qui vient d’un ailleurs, d’une intervention divine qui me tombe dessus, mais bien du dedans de moi… C’est par moi que la Volonté de Dieu se fera sur la terre. C’est moi qui acquiesce à cette Volonté, qui la fait mienne, qui m’offre pour qu’elle advienne. Dieu a besoin de moi, Il a besoin de chacun, chacune de nous!

À partir de ce moment-là, lorsque je récite la prière du Notre Père, je me joins à toutes les personnes présentes autour de moi (et même celles de la terre entière) et je demande à Dieu en disant « que ta volonté soit faire sur la terre comme au ciel » de faire descendre son Esprit afin que tous et toutes, nous soyons participatifs à Sa Volonté.

 

 

2. nov., 2019

Aujourd’hui, nous célébrons la Commémoration de tous les Fidèles Défunts.

Cette fête s’avère une très belle occasion pour apprivoiser la mort et ouvrir notre regard sur l’éternité.

Nous sommes invité-e-s à vivre notre vie humaine, nécessaire, avec tout ce qu’elle comporte de responsabilités, de défis et d’émerveillements, tout en fixant notre regard intérieur sur l’éternité. Puis être et agir en conséquence, car chaque geste que nous posons, chaque mot que nous écrivons et chaque parole que nous disons sont porteurs d’éternité. L’enjeu est grandiose, inimaginable!

De plus, comme le dit l’évêque vietnamien, Mgr Pierre Nguyen Van De : « Nous ne devons pas garder la vie éternelle pour nous-mêmes, mais nous devons l’apporter aux autres, parce que c’est la mission qui nous a été confiée par le Christ. »[1]

Nous, les croyants, savons que la mort n’est pas la fin, mais une étape nouvelle, la continuité de la vie par la Vie totale en Dieu, car c’est Jésus Christ ressuscité qui a ouvert la voie de cette éternité!

1. nov., 2019

Nous faisons mémoire, aujourd’hui, de tous ceux et celles qui nous ont précédés, de tous ceux et celles qui « ont reflété, dans leur vie, le visage de Jésus Christ ressuscité. »[1] De tous ceux et celles qui ont marché avant nous sur le chemin de la foi et qui ont aplani la voie. Je leur en suis tellement reconnaissante!

J’associe d’emblée la fête de la Toussaint à la communion des saints. Dans le Credo, nous disons que nous croyons à la communion des saints. Nous croyons à cette communion entre tous les membres du Corps du Christ dont nous faisons partie.

La communion des saints n’est pas un endroit inaccessible, un état que nous atteindrons seulement lorsque nous serons décédés, elle se vit ici et maintenant.

Il nous suffit d’ouvrir notre conscience et de penser à ceux et celles qui nous ont précédés, saints reconnus ou non, de penser à ceux et celles qui sont présentement sur la terre, à ce grand peuple de croyants et croyantes en marche, pour nous sentir en communion, solidaires les un-e-s avec les autres.

Dans cette communion, nous nourrissons notre foi, nous allons puiser soutien et réconfort, force et courage, espérance et charité.

En hommage à tous les saints et saintes inconnus qui n’auront jamais leur nom d’inscrit au calendrier liturgique, je vous invite à écouter la chanson de Robert Lebel Ils sont nombreux les bienheureux : https://www.youtube.com/watch?v=PPOmPYdVF34. Quand j’écoute ce chant, et je fais mémoire et j’honore les membres de ma famille, mes ancêtres et tous ceux et celles qui ont travaillé fort pour bâtir la Nouvelle-France puis le Québec; ainsi que tous ceux et celles de tous les pays et de toutes les époques qui ont vécu sur cette terre dans toutes les conditions de vie possibles et inimaginables.



[1] Prions en Église, Novembre 2018, Novalis, page 30.

 

 

27. oct., 2019

Rien de mieux, pour pallier à la météo morne qui nous assaille après les frasques des couleurs rayonnantes des arbres que de rentrer en mode « intériorité ».

La joie, la paix et l'amour sont, pour moi, les éléments de mon baromètre intérieur qui me disent si je suis avec Lui ou si je suis en train de m'éloigner de Lui, du Souffle, de la Source, de mon âme, des autres et de Sa création.

 

La joie

Je ne tiens pas à définir ce qu’est la joie, la vraie joie, celle qui est profonde, car elle est insaisissable.

C’est un état d’être. Être en communion, avec Lui, avec les autres, avec la création, avec soi.

Juste à descendre dans mon jardin intérieur, au lieu de la rencontre, à m’unir à Lui, à la Vierge Marie, aux saints et saintes, me remplit de joie.

Cet état me fait aimer, m’émerveiller, rendre grâce, louer, prier, adorer. Il me fait percevoir toute la vie qui circule en moi et partout.

La lecture de la Parole nourrit ma joie. Le Christ n’a-t-il pas dit : « Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite. »? (Jean 15, 11) D’ailleurs, tout le chapitre 15 de l’Évangile selon saint Jean n’est-il pas le testament d’amour de Jésus?

Cette joie se tient tout proche de l’espérance, de la paix et de l’amour. Elles sont tellement liées…

 

La paix

Cette paix, c’est lorsque je suis centrée, que je me sens placée, disposée à suivre la voie du milieu, c’est-à-dire, que je suis ajustée à la volonté divine en me laissant guider par le Souffle.

Pas de force, de lutte, de volonté forte, que la petitesse et la confiance d’un enfant. Que le calme, solide comme le roc.

La paix se déploie, comme une onde remplie d’amour qui envahit tout mon être. 

« C’est la paix que je vous laisse, c’est ma paix que je vous donne. » (Jean 14, 27)

 

L’amour

L’amour… Cet amour qui transcende dans mon être la miséricorde, l’accueil inconditionnel, la compassion, le pardon, qui me fait l’expérimenter pour moi et qui me dispose à le donner aux autres.

Cet amour empreint du respect de soi, des autres, de Dieu et de sa création.

Cet amour qui me fait être à l’écoute, sortir de moi, voir au-delà, plus loin que moi, être en communion.

Cet amour qui me guérit, qui me fait sentir aimée, enveloppée, partie prenante d’un plus grand que moi. Qui me remplit de paix et de joie!

« Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour…. …Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. » (Jean 15, 9, 12-13)

 

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Et vous, votre baromètre intérieur, de quoi est-il constitué?

Que vous indique-t-il en ce moment?