7. juil., 2019

L’été, la saison des mariages

Ma mère étant née dans une famille nombreuse, j’ai au moins une vingtaine de cousins, cousines. Les étés de mon enfance et du début de mon adolescence ont donc été agrémentés de mariages. J’aimais bien les mariages. Ma mère me cousait une nouvelle robe, car je grandissais d’un été à l’autre. À l’époque, nous portions des robes longues et j’avais l’impression que cela ajoutait une touche de noblesse dans ma vie. D’ailleurs c’était confirmé par mon père qui m’appelait sa princesse… Moi qui aimais danser, les mariages me permettaient de m’en donner à cœur joie. Je me souviens, lorsque j’étais jeune adolescente, d’avoir dansé jusqu’à quatre heures du matin.

Il parait qu’en 2019, l’été demeure encore et toujours la saison des mariages, et ce, malgré la baisse des mariages depuis les dernières décennies.[1]

Le 30 juin dernier, mon mari et moi avons renouvelé nos vœux de mariage. C’est à cette date-là, il y a 35 ans, que nous avions dit oui devant Dieu et devant les hommes. Nous nous sommes donc à nouveau engagés l’un à l’autre avec Dieu. Nous nous sommes à nouveau choisis mutuellement, bien conscients que nous ne marchons plus vers la fondation d’une famille, vers le faire et le construire, mais vers une consolidation, vers un murissement et aussi vers le vieillissement.

Trente-cinq ans! C’est beaucoup et en même temps c’est très peu. Nous avons encore besoin de tellement d’années pour continuer d’expérimenter notre vie à deux avec Dieu!

Nous avons vécu cet heureux événement, entourés de nos enfants, de nos amis et de quelques membres de la famille élargie dans la chapelle des Sœurs Recluses Missionnaires avec lesquelles je chemine depuis bientôt 10 ans. Quel cadeau!

De plus, notre célébration d’anniversaire de mariage a été présidée par un des prêtres qui avait béni notre union en 1984. Ce même prêtre qui nous avait accompagnés dans notre préparation au mariage. Je me souviens qu’il nous avait demandé, à l’époque, si nous avions, en plus de nous aimer, des goûts en commun, si nous étions liés autrement que par l’amour que nous ressentions l’un pour l’autre.

Deux à trois semaines avant notre renouvellement, je suis justement tombée, par hasard, sur une vidéo de Jean-Yves Leloup, prêtre orthodoxe et thérapeute. Il y parle des cinq critères qui, selon lui, permettent de savoir si deux êtres sont faits l'un pour l'autre, critères essentiels pour vivre un amour durable.[2] Selon l’abbé Leloup, si on prenait en compte ces critères, il y aurait moins de mariage, tout au moins, les gens se marieraient moins rapidement.

Ces critères sont :

- Éprouver le sentiment d'être deux compagnons. S’accompagner l’un l’autre en vivant une amitié profonde. L’amour évolue et devient, au fil du temps, un amour agapè.

- Vivre l'aisance, être bien avec l’autre, en paix.

- Être deux natures qui ne soient pas trop différentes ni trop pareils, pas de fusion, mais des points en commun.

- Avoir une confiance, une foi complète en l'autre.

- Avoir le désir de rendre l'autre heureux.

L’abbé Leloup précise que ces critères ne sont pas restreints qu’à la relation de couple, mais aussi à toute forme de relation telles celles que nous vivons avec les amis, les frères et sœurs, les collègues de travail, etc.

Le 30 juin dernier, mon mari et moi, nous nous sommes donc engagés à nouveau en prenant en considération ces critères. En 35 ans de vie commune, nous en avons vécu des choses ensemble, cela n’a pas été toujours de tout repos. Maintenant, nous désirons une vie plus calme, sereine. Les enfants ont vieilli, nous avons plus de temps pour nous. Nous vivons comme des retrouvailles, un renouvellement de notre vie à deux. Nous avons aussi le désir, pour les prochaines années, de vivre une plus grande communion, d’expérimenter davantage l’amour agapè.

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Je souhaite, à tous les couples qui se marieront cet été et à ceux déjà engagés, un magnifique chemin de croissance ainsi que le bonheur d’expérimenter l’amour du Christ Jésus dans leur union!

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Voici les références et extraits des textes qui ont été lus lors de notre renouvellement et qui pourraient vous inspirer.

 

La première lecture : Le Cantique des Cantiques Ct 2,8-10; 14-16a; 8, 6-7a

J’entends la voix de mon bien-aimé! C’est lui, il vient… Il bondit sur les montagnes, il court sur les collines, mon bien-aimé, pareil à la gazelle, au faon de la biche. Le voici, c’est lui qui se tient derrière notre mur : il regarde aux fenêtres, guette par le treillage. Il parle, mon bien-aimé, il me dit : Lève-toi, mon amie, ma toute belle, et viens… (Ct 2,8-10)

 

Le 2e lecture : 1Co, 12, 31; 13, 1-8a

L’amour prend patience; l’amour rend service; l’amour ne jalouse pas; il ne se vante pas, ne se gonfle pas d’orgueil; il ne fait rien d’inconvenant; il ne cherche pas son intérêt; il ne s’emporte pas; il n’entretient pas de rancune; il ne se réjouit pas de ce qui est injuste, mais il trouve sa joie dans ce qui est vrai; il supporte tout, il fait confiance en tout, il espère tout, il endure tout.

L’amour ne passera jamais. (1Co, 13, 4-8a)

 

L’Évangile : Jn 15, 9-12

Comme le Père m’a aimé, moi aussi je vous ai aimés. Demeurez dans mon amour.

Si vous gardez mes commandements, vous demeurerez dans mon amour, comme moi, j’ai gardé les commandements de mon Père, et je demeure dans son amour.

Je vous ai dit cela pour que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite.

Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés.



[1] Au Québec, un peu plus de 50 000 mariages annuels au début des années 1970 pour un peu plus de 22 000 en 2018. (http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/conditions-vie-societe/bulletins/sociodemo-vol23-no3.pdf#page=15)