27. mai, 2019

La voie du milieu

Lorsque j’observe ce qui se passe dans le monde, on dirait que tout apparait soit noir, soi blanc, soit de gauche ou soit de droite, qu’il n’y a pas de nuances, de juste milieu.

Par exemple, d’un côté, on se réclame de l’avortement à volonté et de l’autre, on condamne les femmes à la peine de mort si elle se font avorter!

Je me demande ce que ferait Jésus en de pareilles circonstances… Jésus est au-dessus de la loi : autant la loi qui légalise l’avortement que la loi qui condamne les femmes à la peine de mort.

Je le vois assis, en train de dessiner des traits sur le sable, puis dire : « Moi non plus, je ne te condamne pas; vas et désormais ne pèche plus. »

Jésus nous donne son pardon, il nous offre la joie de recommencer à neuf et de se vivre autrement, de marcher sur la voie du milieu, ajustés-es à Dieu.

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Il y a plus de trente ans, lorsque j’étais étudiante à l’université, il y eut une grève des transports en commun. J’ai alors décidé de prendre mon vélo pour me rendre à mes cours de maîtrise. Je pensais faire le bon choix, continuer coûte que coûte ma scolarité. Je partais du nord-est de la ville pour me rendre au pied du Mont-Royal. Ce choix semblait correct et personne ne pouvait le contredire. Par contre, à ce moment précis, un ovule fécondé était en train de procéder à sa nidation. Moment crucial de la grossesse. Je le savais, je le sentais dans mon corps. Je pensais que je pouvais continuer à pédaler sans aucun problème. Mon ressenti me disait d’arrêter, mais je continuais à prendre mon vélo. De toute façon, c’était la fin de la session. Je me souviens d’avoir dit, tout en pédalant : « Accroche-toi! »

J’ai eu des règles, un peu en retard. Des règles douloureuses, accompagnées de bonnes contractions utérines. Par contre, je n’avais pas l’impression d’une grossesse qui s’interrompait brusquement. Juste de bonnes règles douloureuses.

Une semaine et plus, plus tard, je ne me sentais pas dans mon état normal. Je me sentais enceinte... Mon médecin me fit passer un test de grossesse. Il était positif. C’était la joie et en même temps, je ne comprenais plus rien…

Deux semaines plus tard, je me suis réveillée un matin et j’avais des saignements. Horreur, je fais une fausse-couche! C’est l’hôpital, les tests. Tout ça pour me faire dire que la fausse-couche avait déjà eu lieu, que les hormones de grossesse demeuraient un certain temps dans le sang et que l’utérus éjectait ce qui restait de la nidation. J’ai eu un curetage et beaucoup de peine…

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Les expériences, bonnes ou mauvaises, m’ont permis d’apprendre et de devenir plus sage, mais il me semble que ce n’est pas assez. Souvent, je demande au Seigneur la sagesse. Il me semble que si j’avais eu plus de sagesse à certains moments de ma vie, j’aurais évité des situations éprouvantes.

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Peut-être, ce qui manque dans notre monde, c’est la sagesse; pas n’importe quelle sagesse, la sagesse de Dieu Père bienveillant, celle que le christ Jésus nous a enseignée par sa vie. Cette sagesse qui permet de poser un regard profond sur les événements, d’être conscient de nos actes, de prendre les bonnes décisions, de faire des choix éclairés, de nous émerveiller de la vie et de la respecter sous toutes ses formes. Cette sagesse qui nous dit que si nous vivons une situation difficile, il est bon d’aller chercher de l’aide adaptée à notre situation. Surtout, ne pas rester seule, autant spirituellement et qu’humainement.