29. mars, 2019

Vivement le printemps!

Je me sens comme un arbuste en plein hiver. En apparence mort, sec, sans vie, mais heureusement en dormance. C’est ce que je me disais en observant un arbuste tout en mangeant en silence dans le réfectoire des hôtes du monastère où j’ai fait un séjour récemment.

Les circonstances ont fait que mon corps était en état de fatigue. Il n’y a rien de mieux que de vivre des temps de silence, d’adoration et de prières pour régénérer notre être à tous les niveaux ainsi que des temps de lecture de la Parole.

La sève va monter. La vie va revenir.

Vivement le printemps!

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À la messe du dimanche, le prêtre d’origine Irlandaise a souligné, dans son homélie, la vie de saint Patrick dont c’était la fête cette journée-là.

Lorsqu’il devient monseigneur, on envoie Patrick sur l’île où il avait été esclave pendant six ans, des années plutôt, avant de devenir prêtre. L’Irlande.

Par trois fois, il écrit au Pape lui demandant de quitter cet endroit où les gens sont illettrés, barbares, souvent en guerre, etc.

Deux fois, le Pape lui répond en lui demandant : « Patrick aimes-vous ces gens? »

La 3e fois, le Pape lui écrit : « Dieu est amour. »

Saint Patrick se met donc à aimer vraiment ces gens. Il n’avait aucun moyen de les évangéliser et de les éduquer. C’est par un simple trèfle à trois feuilles qu’il leur a expliqué la Sainte Trinité.

Voici une très belle et inspirante bénédiction de Saint-Patrick que le prêtre a proclamée à la fin de la messe.

Je vous l’offre.

« Puisse la route s'élever pour vous rencontrer.                                                                         Puisse le vent être toujours dans votre dos.                                                                               Puisse le soleil caresser votre charmant visage.                                                                         Puisse la pluie tomber doucement sur vos jardins et vos champs.                                       Puisse Dieu vous tenir dans la paume de sa main.                                  

Puisse le soleil faire briller vos jours.                                                                                        Puisse les étoiles illuminer vos nuits.                                                                                         Puisse les fleurs fleurir tout au long de votre chemin.                                                       Puisse votre maison rester solide lors des tempêtes.                                                                  Puisse Dieu vous tenir dans la paume de sa main. »                                                                  

 ***

« Dieu est amour » a fait son bout de chemin en moi.

Le lendemain, à la messe, je me suis rendu compte que je n’étais pas bien, comme en partie éteinte, parce que je n’étais plus tout à fait dans l’amour. Je ne suis qu’amour, alors n’étant plus dans l’amour, j’étais en train de mourir, de m’éteindre...

Je suis amour. Donc, je n’ai qu’à être ce que je suis, à être amour pour revivre.

Finit le ressentiment, l’apitoiement, vivement le pardon!

Finit aussi le jugement!

Un texte d’un Père du désert a résonné en moi. Seul Dieu peut juger. C’est lui faire une grave offense si l’on juge et condamne. Je suis désolée de t’avoir offensé, Seigneur!

Ne plus juger. Ne plus condamner.

Pardonner.

La vie revient.

Par contre, respecter qui je suis, la terre sacrée que je suis.

« Je suis une terre sacrée : je vais honorer la gloire de Dieu en moi. »  

Cette phrase est montée en moi la veille de mon départ pour mon séjour au monastère.

Dieu a vraiment de la suite dans les idées. Il prépare le chemin. Il nous conduit sur des prés d’herbe fraîche. Il nous fait reposer à l’ombre de son bras. (Psaume 23)

Cette phrase m’amène à respecter davantage mes limites, mes besoins, mes goûts, mon rythme. À chercher à vivre dans la paix, la douceur, l’amour, la joie. À passer plus de temps en communion avec Lui, par la prière, l’adoration, la messe, le silence. À être à l’écoute. À me laisser guider, à m’abandonner à Lui.

Confiance, tout est grâce!