24. févr., 2019

Besoin de conversion?

C’est la question que je me suis posée, récemment, en lisant le texte que j’avais écrit l’année passée en la fête de Saint-Paul, le 25 janvier. J’étais déçue d’avoir oublié cette fête et de ne pas vous l’avoir partagé. Par contre, je n’ai même pas eu le réflexe de publier ce texte à nouveau…

Dans cette même période, un lecteur d’Afrique m’a demandée comment j’allais parce que cela faisait des jours que je n’avais rien écrit dans mon blogue. Cela m’a touchée beaucoup et en même temps, cela m’a fait réaliser que je vivais une sécheresse spirituelle. Que ce que je vivais personnellement bloquait l’inspiration et privait les lecteurs de textes pouvant les inspirer.

Seigneur, pourquoi cette sécheresse?

En faisant la relecture de ce que je vivais, je me suis rendue compte que j’étais en train de m’apitoyer sur mon sort et, surtout, de ruminer le passé. Je n’étais plus dans le présent. J’étais complètement déconnectée. Même pendant mes temps d’adoration, en Sa Présence, je ruminais. C’est effrayant à vivre! Moi qui aie une facilité à me placer en Sa Présence, je n’étais plus là, j’étais dans un ailleurs. Je pense que cet ailleurs, je vais l’appeler la zone de l’ego. Ce n’est pas un lieu très joli, c’est une terre aride, sans eau. C’est un chemin de mort. C’est souffrant. C’est l’enfer, quoi!

Quoique je me dise aussi qu’humainement, j’ai des limites, humainement, j’ai des crises existentielles à vivre, des passages obligés à franchir, ce qui me permet de toucher le fond et de rebondir, comme le Christ ressuscité, et de continuer ma route, autrement, transformée, plus vivante que jamais.

C’est là qu’arrive la conversion. Et qui dit conversion dit pardon. J’avais une conversion à vivre et des pardons à faire. Ce qui m’a permis de tenir le coup c’est la prière et les lectures quotidiennes. C’est aussi de continuer à vivre, à toucher, malgré tout, la joie, un peu comme une personne qui jeûne : « que les gens ne se rendent pas compte que tu jeûnes. » (Mt 6,18)

Malgré la sécheresse, la prière, la louange et le chant. Chanter pour moi est vital. Mon auto est un petit sanctuaire mobile. Il n’y a aucuns signes religieux, je n’ai même pas de chapelet accroché au rétroviseur. Le Christ est en moi. C’est un lieu, où lorsque je suis seule, je médite des chapelets, je chante et je loue. J’en profite l’hiver, car les fenêtres sont fermées…

Il y a aussi la prière des autres. Heureusement, d’ailleurs. De se savoir en communion avec d’autres, de savoir que d’autres nous portent par leurs prières, c’est très réconfortant et ça aide beaucoup!

J’ai l’impression d’avoir vécu mon Carême avant le temps… Le Carême commence le 6 mars prochain. C’est quand même bientôt. En attendant, je vous laisse mon texte de l’année passée sur la conversion. Peu importe le moment de l’année, la conversion est toujours de saison.

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Vous est-il déjà arrivé d’être tellement ébloui-e-s par la grâce que vous êtes tombé-e-s en bas de votre cheval?

Nous ne vivons pas tous et toutes, et à tous les jours, de fortes conversions comme saint Paul, mais sous le Souffle de l’Esprit, il nous arrive de percevoir un certain mouvement intérieur qui se traduit par une prise de conscience, comme un éclair de génie, au niveau de notre cœur profond. Comme une ouverture de notre champ d’horizon, une révélation.

Saint Paul a vécu une conversion tellement puissante qu’il a changé de nom. Vivre une telle conversion, nous fait renaitre et nous fait vivre autrement. Nous devenons de plus en plus le nom que nous portons au plus profond de nous-mêmes, celui-là même qui a été enfoui sous un tas de détritus (blessures, faux credo, sous-personnalités, mécanismes de défense) au cours des années.

Par la grâce de la conversion, nous pouvons vivre, dans notre quotidien, plusieurs petites transformations qui se traduisent surtout dans nos relations (à soi, à l’autre, à Dieu), dans notre façon de voir, d’écouter, de parler, de saisir, d’agir, d’être, de goûter la vie ainsi que dans notre disposition intérieure.

Y a-t-il des recoins un peu plus sombres de notre être qui nécessiteraient une petite ou une grande conversion?

Demandons à Jésus que la lumière se fasse dans ces recoins, qu’Il nous donne cette lumière comme Il l’a transmise à saint Paul afin qu’elle règne en nous. Par le don de cette lumière, nous renaitrons, car n’y a-t-il pas don et naissance dans le verbe donner? Un don qui permet de renaitre?