26. nov., 2018

Lettre à ma fille sur le sens de la vie

(Voici une lettre que j'avais écrite à ma fille, il y a quatre ans et que je désire partager avec vous. Je la dédie à tous les jeunes en quête de sens.)

Tu demandais, hier au souper, si la vie ce n’est que se fatiguer pour étudier, pour travailler, pour payer ses dettes, pour avoir des enfants… Tu demandais si ce n’est pas plus que ça. Tu dis aimer la vie, que tu es en admiration devant la nature si belle. Mais tu perçois comme un non-sens. Je t’ai répondu que la vie est un don. Une telle question demande réflexion et l’écriture est, pour moi, ma façon de réfléchir.

Voici, brièvement, quelques pistes de réflexion sur ce que je crois que la vie est, pour moi, par mon expérience que j’en fais depuis 52 ans.

Assez jeune, on m’a dit que la vie, que notre vie sur terre, que notre passage que l’on y effectue, notre pèlerinage, sert à expérimenter l’amour. Plus tard, j’ai pu découvrir que l’amour c’est ce qu’il y avait de plus important dans la vie. L’amour que l’on expérimente en relation avec soi-même, avec les autres, avec Dieu et avec notre environnement (la nature). Je te sens te crisper… Je sais, tu ne crois pas en Dieu. Disons que Dieu est un être indéfini, qu’on ne peut le décrire, un plus grand que soi, que c’est l’Amour dans toute sa pureté, sa beauté, sa grandeur et sa perfection. Si le mot Dieu ne te plait pas, nomme-le autrement.

Magda Hollander-Laffond (qui a survécu au camp de concentration) racontait, dans sa conférence, qu’elle a saisi la place de Dieu dans sa vie en assistant à un cours de grammaire (elle devait avoir 18 ans). J’adapte ici à ma pensée ce qu’elle disait. Si on enlève le verbe dans une phrase, la phrase perd tout son sens et elle n’est plus qu’un tas de mots sans but précis qui cherchent leur place. Si Dieu n’est pas présent dans notre vie, oh, on pourra vivre c’est sûr, mais sans la trame de fond, sans le fil qui nous relie au sacré de notre vie.

Si nous ne faisons pas de place au sacré, nous vivrons au même niveau que les animaux : lutter pour notre survie, nous reproduire pour sauver notre espèce de l’extinction, vieillir, mourir, ne plus exister.

Le sacré permet de nous extasier devant la nature et de créer. Le sacré c’est la dimension spirituelle en nous.

La vie est un don, un don que l’on reçoit par notre naissance et un don de soi pour que la vie, l’amour, fassent vivre les autres autour de nous.

Que sont les richesses de ma vie? Les connaissances que je possède, les objets, les mérites, la puissance? Ma seule richesse, pour moi, est la place que j’ai faite au spirituel, car ma vie a un sens, et ce sens est sacré. Parce que ma vie est un don sacré, celle des autres l’est tout aussi. L’attention aux autres, leur mieux-être; les respecter, les accueillir tels qu’ils sont, là où ils sont rendus. Nous sommes tous en chemin vers un mieux-être de toute notre personne et nous collaborons tous au mieux-être des autres.

Quand j’avais exactement ton âge, 22 ans, j’avais dit à un ami d’université, que pour moi, la seule chose qui comptait vraiment, c’était de laisser ma trace. C’est d’être venue sur terre et d’y avoir laissé quelque chose de bon; pas qu’on se souvienne de moi nécessairement, mais que je contribue de quelque façon que ce soit à ce que la vie soit meilleure.

Bref, demande-toi qu’est-ce que tu veux faire de ta vie. La vie est une série de choix, mais de choix qui sont dictés par ce que nous portons au plus profond de nous-mêmes. À ta naissance, tu as reçu un don particulier. Tu es unique. Personne avant toi n’était comme toi et personne après toi ne seras comme toi. Avec ton unicité, tu as la responsabilité de devenir ce que tu portes au plus profond de toi, ce à quoi tu es appelée. À t’épanouir et à faire vivre la Vie, peu importe la forme que cette vie aura.

Je te souhaite de trouver ton propre sens à la vie. Ce sens profond qui fait que non, on ne se fatigue pas pour des choses futiles, mais que l’on devient ce que nous portons de plus beau et de plus grand en soi.

Avec tout mon amour,

Maman xx