27. oct., 2018

« Venez à moi, vous tous qui peinez »

Lundi dernier, je démarre l’auto et une entrevue bat son plein à la radio. Mon premier réflexe est de vouloir changer de source pour ma musique, mais l’entrevue attire mon attention. On y parlait des jeunes du Québec. En effet, un sondage récent révèle que les jeunes, les millénaires, vivent beaucoup de stress, surtout à cause de leurs besoins financiers et leur inclinaison à performer. Plus de 70 % de ces jeunes placent le besoin de faire de l’argent en premier lieu dans leur vie. Ce qui n’était pas du tout le cas pour les générations précédentes. Ils veulent faire de l’argent à tout prix pour avoir les dernières technologies, faire les activités les plus cool, manger dans les meilleurs restos, avoir les vêtements les plus à la mode, la plus belle couleur de cheveux, les plus beaux selfies, etc. Cette quête du paraître et du faire vient augmenter leur taux d’anxiété ainsi que la prise d’antidépresseurs.

De plus, de mes observations, il y a beaucoup de jeunes qui, devant travailler pendant qu’ils sont aux études au Cegep et à l’université, trainent une fatigue et commencent leur vie, hypothéqués, déjà brûlés, sur le bord du burn out, ayant aussi consommé nombre de cafés, de boissons énergisantes et de drogues.

Parallèlement à cela, il y a aussi les jeunes adultes qui stressent en essayant de rejoindre les deux bouts, de nourrir leur famille avec un minimum de revenus et qui sont bien loin de la quête financière des jeunes ci-haut mentionnés.

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Donc, la génération des jeunes nés autour du millénaire a en général un plus haut taux d’anxiété que les précédentes. Ce qui a attiré davantage mon attention c’est qu’on attribue cette anxiété aussi au fait que ces jeunes adultes ont été confrontés trop tôt à un tas d’émotions qu’ils n’étaient pas en mesure de gérer parce que trop jeunes lorsqu’ils les ont vécues. Ces émotions provenant de tout ce qu’ils ont consommé en télévision, films, jeux vidéo, etc.

Cela m’a touchée parce que je me questionne depuis quelques années sur l’abondance des stimuli audiovisuels qui viennent comme user notre être, nous faire vieillir à l’avance. On sait que le cerveau ne fait pas de différence entre la réalité et la fiction et ce, même si consciemment nous le savons que c’est fictif.

Il y a plus de dix ans, j’ai dû prendre quatre mois de repos à cause d’un surmenage. Une série d’événements générant un niveau élevé de stress avait eu raison de mes ressources, de ma résilience. Depuis ce temps, je suis devenue très sélective par rapport à ce que je visionne et j’écoute, parce que pendant cette période, si je regardais un film avec trop d’émotions, mêmes positives, je ne me sentais pas tellement bien pendant la nuit, au bord de la crise d’anxiété…

De nos jours, c’est fou tout ce que nous pouvons vivre comme émotions, et ce, en une seule journée, si nous ne faisons pas attention. Et tout cela, devant un écran. Pas besoin d’écouter un film ou de jouer à des jeux vidéo, il suffit simplement de passer une heure sur le fil de nouvelles d’un compte Facebook pour vivre toute la gamme des émotions que les personnes de d’autres générations vivaient en toute une vie normale! Je comprends pourquoi que les jeunes ont un si haut taux d’anxiété… Leur consommation augmente leur anxiété qui augmente leur consommation… Sans compter les bulletins de nouvelles qui gardent les personnes dans un climat malsain et les bulletins météos qui influencent leur humeur…

Cela me rappelle un texte que j’avais écrit sur la pollution : http://www.carnetspirituel.com/417151766/4467615/posting/la-pollution.

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À force de vivre à l’extérieur d’eux-mêmes (leur quête du faire et du paraitre), à force de vivre aussi par procuration (tout ce qu’ils visionnent), les jeunes s’épuisent. Ils ont oublié simplement d’être. Difficile, me diriez-vous quand on est à l’âge de bâtir sa vie… L’équilibre est pourtant brisé. Ils ont oublié leur vie spirituelle. Ils ont mis de côté cette partie importante de leur être, leur cœur profond, leur essence vitale.

« Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi, je vous procurerai le repos. » (Mat 11,28)

Jésus nous invite à entrer dans notre chambre intérieure, à prendre le temps de vivre un moment de rencontre avec Lui afin d’y goûter la paix, la joie et l’amour vrai.

Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien. Sur des prés d'herbe fraîche, il me fait reposer. Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. (Psaume 22)

C’est à cet endroit, que nous puiserons tout ce dont nous avons besoin pour vivre, car l’amour de Dieu est plus puissant que tout ce que nous pouvons vivre de traumatisant.[1] En vivant en communion avec Lui, en étant sous la mouvance de l’Esprit Saint, nous vivrons des transformations qui nous amèneront à devenir l’être que nous sommes (voir http://www.carnetspirituel.com/417151766/6669348/posting/devenir; http://www.carnetspirituel.com/417151766/5803272/posting/deviens-la-merveille-que-tu-es);  tout en veillant sur notre cœur (http://www.carnetspirituel.com/417151766/6075720/posting/veiller-sur-son-coeur) et en nous laissant guider de l’intérieur (http://www.carnetspirituel.com/417151766/4265507/posting/mon-baromètre-intérieur).



[1] Pensée du Jour, 24 octobre 2018. Pensée: 1B_06 de Fondation des Choisis de Jésus, Léandre Lachance.