28. févr., 2017

Carême, dites-vous?

À chaque fête liturgique, je suis toujours étonnée de constater comment l’être humain a réussi, avec une grande habileté et beaucoup d’imagination, comme une nécessité urgente, à tout récupérer à sa façon, comme un besoin intrinsèque de dédiviniser ces moments sacrés. Que de grands moments de croissance spirituelle réduits, banalisés, vidés de leur essence divine.

Il n’y a pas si longtemps, nous avons vécu la période de Noël, puis le Baptême du Seigneur.

Noël, naissance de notre salut, où le Christ est remplacé par un Père Noël distributeur de cadeaux. Le Baptême du Seigneur, Lumière des Nations, où le Christ est remplacé par des crêpes et une marmotte. Besoin de traditions? Oui, mais jolies façons de détourner notre regard de notre vie de foi, de notre vie en Dieu…

Demain, commence le Carême, ce très beau temps qui nous est donné pour faire un ménage intérieur, pour nous purifier, pour nous réajuster à Dieu, afin de revivre de la vraie Vie avec le Christ à Pâques.

Notre regard sera-t-il détourné par tous ces lapins qui décorent chaque lieu où nous allons? Par toutes ces recettes de jambon et de gâteaux, plus alléchantes les unes que les autres? Par tous ces chocolats?

Comment peut-on arriver à désirer vivre des privations, à penser faire de petits sacrifices, à penser aux autres, dans une société d’abondance et de consommation, où on ne pense qu’à son bien-être et à son petit moi? Quel est le plaisir de recevoir du chocolat et des bonbons à Pâques, pour célébrer « le pays de lait et de miel », quand on en a mangé toute l’année, et même pendant le Carême?

Êtes-vous prêts à vivre 40 jours de désert intérieur? À y confronter vos démons, vos peurs, vos blessures, votre ombre, pour y laisser entrer la Vie?

Je n’ai qu’à penser à la Passion du Christ, à ses souffrances et à sa mort, pour me sentir très petite et surtout très privilégiée d’être aimée par un Dieu qui s’est abaissé jusqu’à la condition d’homme et qui a tout souffert cela pour mon salut et celui de mes frères et sœurs. Je n’ai qu’à penser au très beau cadeau de l’Institution de l’Eucharistie, le Jeudi Saint, et au don de Marie, notre Mère et Mère de l’Église, au pied de la croix. Et la seule réponse que je puisse donner en retour, est une réponse d’amour. Oui, je suis prête.

Oui, mais « Seigneur, viens au secours de ma foi ». Je te demande la force nécessaire et la détermination pour vaincre les « tentations » que je rencontrerai, comme Tu l’as fait au désert.

Pour ce Carême, je demande au Seigneur de nous fortifier dans notre foi. Je demande la grâce que chacun, chacune, puisse goûter à la joie et la paix que procure cette relation filiale, Père-fille, Père-fils. Je Lui demande aussi que tous ceux et celles qui ont perdu Jésus, puisse le retrouver dans leur cœur, même au milieu de leur désert.

Si vous n’arrivez pas à ajuster votre regard pour voir le Christ, visitez vos images de Dieu, la façon dont vous le concevez. Il y a une religion des hommes, mais il y celle de Dieu. Celle d’un Père aimant qui ne demande à ses enfants qu’à se laisser aimer par Lui.

Mais avant, il y a un désert à traverser. 40 jours de gestation pour « renaitre d’en haut. »

Êtes-vous prêts?