11. févr., 2017

La pollution

J’ai l’habitude d’écrire mes textes en partant d’un élément concret déclencheur intérieur ou extérieur. Cette fois-ci, c’est encore ce qui est arrivé, mais cela a amené ma réflexion vers un sujet auquel je ne m’attendais pas, la pollution. Je ne sais pas si cette digression va vous intéresser, mais je vous la partage quand même.

Depuis plus de 20 ans, au Québec, nous avons été sensibilisés au recyclage et au compostage afin que la population participe à la baisse du volume des déchets domestiques et ainsi collabore à la protection de l’environnement.

Les compagnies automobiles et pétrolières nous offrent des automobiles et des essences moins polluantes. On fait la promotion du co-voiturage et des transports collectifs. 

On élabore des lois pour la protection de l’environnement. Ce qui force des compagnies à installer des filtres à air et d’autres, des filtres à eau. On parle de diminution des gaz à effets de serre, de la protection des cours d’eau, de la faune et de la flore aquatique et terrestre.

Malgré toutes ces mesures, il semble qu’il y a encore beaucoup de chemin à parcourir afin de voir une amélioration tangible qui assurerait la survie de notre planète, mais il y a tout de même une note d’espérance.

Et cette espérance repose sur nous! Sur nos choix, nos gestes concrets, même petits. Et pourquoi pas, sur nos prières.

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Avez-vous remarqué d’autres formes de pollution, plus subtiles, voire même insidieuses qui passent pratiquement inaperçues tellement elles font partie de notre vie quotidienne? C’est une pollution de masse, car sa principale fonction est de combler un manque immense, inassouvissable (le précepte même de la société de consommation) : entre autres, la pollution visuelle et auditive.

Dans un tel contexte, comment devenir un être écologique?

Les bombardements quotidiens de pollution visuelle et auditive viennent empêtrer tout notre être en remplissant notre intérieur de « déchets » et en nous abrutissant. Ils voilent l’accès à notre dimension spirituelle, à notre cœur profond, créent un gouffre, puis une soif sans fin d’informations. Peut-être pour ne pas accéder à notre souffrance, surtout celle d’être séparés de Dieu.

Cette pollution empêche de créer, de contacter ses blessures et de les guérir. D’entretenir une relation avec notre Père du Ciel. D’être un être humain épanoui et écoresponsable.

Il n’existe pas de lois humaines pour nous protéger de ces violations, intrusions et agressions de notre personne, car il appert « normal » d’être constamment sollicités, d’être rivés devant un écran quelconque, d’avoir les oreilles bloquées par des écouteurs, de voir et d’entendre défiler une quantité phénoménale d’informations.

Cependant, il existe le silence. Et c’est lui qui nous sauvera de l’annihilement. Le silence demande un arrêt, une écoute, une introspection. Comme cette pollution fonctionne en mode accéléré, seul le silence pourra en venir à bout grâce à son ancrage dans le temps présent.

Certains êtres humains sont virtuellement très branchés, dans l’excès, mais en même temps, complètement déconnectés de leur être. Ils ne se connaissent pas. De fait, ils ont rejeté leur nature divine. Par contre, d’autres sont branchés à une source toute autre qui leur donne la vie. Cette source est pure, non polluée, elle procure de la paix, de la joie, nous remplit d’amour et guide nos pas.

Spiritualité et environnement sont inséparables. Quand on s’extasie devant la beauté de la création, qu’on communie avec la nature, avec son environnement, on ne désire qu’une chose, la protéger, y vivre en harmonie et en paix.

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Voilà! Tout cela parce que je me demandais pourquoi, un matin, je me suis sentie dérangée dans mon intériorité, alors que j’étais en train de préparer mon lunch, quand on a ouvert la télé près de moi. Parce que ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait de me sentir bousculée par une telle sollicitation. J’ai pensé à la pollution.

Cette réflexion ne m’a pas donné toute la réponse. Comment cela se fait-il que, moi, cela me dérange autant? La réponse est venue, une semaine plus tard, dans une conversation avec une dame âgée qui me parlait d’une amie. Cette dame me dit de son amie : « C’est une contemplative... »