9. janv., 2017

Que tout genou fléchisse

Hier, j’étais un peu triste, car nous avons démonté le sapin de Noël, un sapin naturel. C’est bien parce qu’il le fallait, car la ville ramasse les arbres de Noël ce mercredi. Je le trouvais tellement beau! Il était de taille moyenne, mais touffu et il dégageait une bonne odeur de sève sucrée. Je lui ai dit au revoir et je l’ai remercié d’avoir été, pendant ces quelques semaines, le symbole de la vie dans notre salon.

Par contre, j’étais incapable de ranger la crèche et ses personnages. C’était tout de même l’Épiphanie! J’ai installé la crèche sur une table et placé les Rois mages et leurs chameaux devant la Sainte Famille. En voyant cette scène, le très beau texte de saint Paul, de sa lettre aux Philippiens (2, 9-11), est monté en moi par bribes : « Que tout genou fléchisse. » « Le nom qui est au-dessus de tout nom. »

Je me suis rappelé que c’était justement la fête du Saint Nom de Jésus, le 3 janvier dernier. Cette fête et celle de l’Épiphanie sont, pour moi, très liées. Peu importe notre condition humaine, notre rang social, nous avons à reconnaitre que le nom de Jésus est le nom qui est au-dessus de tous les noms et nous avons à nous agenouiller devant le Roi des rois et à Lui offrir le trésor que nous sommes pour Lui.

Tout ce que cela prend c’est de l’humilité. C’est tout. Pas facile dans un monde où la performance et l’ego sont valorisés, où tant de plaisirs sont offerts et où une myriade d’idoles sont médiatisées. Les gens sont tellement occupés (et préoccupés) qu’ils oublient leur essence profonde, celle d’être, en toute simplicité, des fils et des filles bien-aimé-e-s du Père et, par le fait même, désirer par amour pour Lui accomplir Sa volonté.

C’est là tout l’art de trouver l’équilibre pour à la fois travailler au Royaume d’Amour en vivant, bien incarnés dans notre vie quotidienne, avec ce que nous sommes et là où nous sommes, en communion avec nos frères et sœurs en humanité, et à la fois travailler au Royaume d’Amour en œuvrant dans l’invisible, surtout par la prière, là aussi où de vrais enjeux se jouent.  

« Au nom de Jésus, que tout être vivant tombe à genoux, aux cieux, sur terre et dans l’abîme, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est le Seigneur », pour la gloire de Dieu le Père. » (Antienne d’ouverture, Prions en Église, Janvier 2017, p. 44)