6. févr., 2016

La douleur et la foi

Lors d’une sortie au parc avec mon petit-fils et mon chien, à la fin du mois de septembre, je me déplace précipitamment, car un homme a peur du chien (qui n’est pas du tout méchant, d’ailleurs). Je marche près d’un groupe de pommetiers. Je me retourne pour vérifier où est mon petit-fils et vlan, je me frappe le côté de la tête sur une grosse branche. Résultat : commotion cérébrale, douleurs atroces de la dure-mère enflammée. Je récupère lentement, granules, médicament, ostéopathie, et pendant le congé des fêtes, mes douleurs s’estompent. Le 9 janvier, nous démontons le sapin de Noël. Je vais chercher les boites vides des décorations dans une malle sous l’escalier du sous-sol. Je ne fais pas attention et je me frappe le même côté de la tête sur une poutre. Résultat : toutes mes douleurs reviennent… Et là, j’ai une pression dans la tête qui ne part pas…

Depuis septembre, je prie d’une façon particulière. J’offre mes douleurs au Seigneur pour la conversion des pécheurs et la paix dans le monde. Il faut bien que mes douleurs aient un sens… J’ai vécu des semaines sans n’en parler à personne. Ces douleurs étaient mon secret. Puis, à un moment donné, j’ai commencé à en parler. Ça me soulageait de partager ce que je vivais. Je ne me sentais plus seule. Beaucoup de personnes prient pour moi, pour ma santé. Ça me touche tellement!

J’ai pensé manquer de foi, car je n’acceptais plus mes douleurs. Ces intruses devaient partir. Elles m’empoisonnent la vie. J’ai réussi à vivre avec elles et à être joyeuse et à continuer à m’émerveiller de tout.

C’est comme s’il y a une dissociation entre la douleur physique et la joie de l’âme. Elles ne se situent pas au même niveau, les unes n’empêchent pas l’autre de vibrer et d’éclater de joie. Elles cohabitent ensemble. La joie de mon âme est profonde en moi.  

J’écoute et fredonne à l’occasion le texte de Sainte Thérèse D’Avila : « Que rien ne te trouble, que rien ne t’effraie. Tout passe, Dieu ne change pas. Par la patience tout s’obtient. Qui a Dieu ne manque de rien. Dieu seul suffit. Dieu seul suffit. »

Je me nourris de la Parole (Bible et Prions en Église) et de différents chants. Je récite le Rosaire. Le chapelet que je préfère est celui à la Divine Miséricorde, il est tellement ajusté à nous, pécheurs, et à tout le mal qui est vécu dans le monde.

Je suis devenue plus sensible (moi qui l’était déjà…) au malheur des autres. J’englobe tellement de monde dans mes prières. Pour que ça aille bien sur notre planète, nous devrions prier 24 h sur 24. Je crois beaucoup en la puissance de la prière et à ce que le bien triomphera du mal.

Je fais des activités que j’aime et qui me font du bien : pratiquer le piano, peindre, m’initier à la technique Nadeau, écouter un bon film en famille, jouer au Scrabble avec mon mari, observer les oiseaux, caresser mes chats, aller dans la cours avec mon chien, voir une amie, etc. Le plaisir fait partie de la vie et de plus, il accélère la guérison.

Cette semaine, j’ai assisté à une messe commémorative pour une religieuse à la communauté où je travaille. Après la célébration, j’ai été me recueillir auprès d’elle et je lui ai demandé le sens à ce que je vivais. J’ai alors saisi que j’étais en train d’être, d’une certaine façon, je dirais, purifiée, car je jugeais trop sévèrement les personnes qui souffrent physiquement et qui manquent de foi et qui ne veulent rien savoir de Dieu. Vous savez, celles qui mettent fin à leurs jours et celles qui désirent l’euthanasie. Je n’ai pas à les juger, mais à les aimer et à prier pour elles.

Ce qui est merveilleux, c’est que je n’aurais jamais écrit ce texte, dont l’écriture m’a fait beaucoup de bien, si je ne vivais pas cette situation. Il n’y a rien pour rien.

Je continue à offrir mes douleurs pour la conversion des pécheurs et la paix dans le monde, même si j’aimerais bien en être débarrassée… Je suis humaine, après tout! Je suis confiante que ça arrivera, mais au temps de Dieu. Je pense que je ne suis pas à la veille de ne plus avoir de douleurs : le monde a tellement besoin de prière, ça va tellement mal…