17. juin, 2019

Mes lectures de ce matin m’amènent à écrire sur le pardon.

Dans l’évangile du jour, il est écrit de ne pas riposter au méchant avec l’attitude œil pour œil, dent pour dent. Au contraire, il est suggéré de se donner toujours plus, de ne pas se défendre.

Pourtant, ce n’est pas dans la nature humaine de se laisser faire ainsi. Nous avons plutôt des réflexes de survie : fuir le danger ou même l’affronter en ripostant.

On pourrait penser que la 3e façon de réagir, qui est celle de ne rien faire et rester figés sur place, s’apparente au pardon. Ce n’est pourtant pas le cas. Le pardon n’est pas de se laisser faire, de ne rien faire. Il nous amène à être conscient de ce qui est mal, à le rejeter et à choisir le changement.[1]

Le pardon devrait être un réflexe, non pas de survie, mais un réflexe de vie, car en choisissant le pardon, on choisit la vie, on choisit la voie de l’Amour, on choisit l’unité, etc.

Le pardon est le sport extrême de la vie du chrétien.

Pourquoi? Parce qu’à la fois, il exige beaucoup et il procure beaucoup.

Les tenants des sports extrêmes recherchent des sensations fortes et ils recommencent sans cesse afin de ressentir ces sensations qui les font se sentir vivants, et même, quelque fois, jusqu’à ce qu’ils en meurent…

Les tenants du pardon, pour leur part, entrent dans un chemin de vie qui les amènent plus en profondeur dans leur cheminement de chrétiens. Un chemin de guérison, de libération, de conversion.

Les tenants du pardon s’engagent plus avant en percevant la vie autrement, comme Dieu la désire pour chacune, chacune de nous.

Le pardon est nécessaire pour que nous devenions plus humains tout en nous approchant de plus en plus de Dieu. C’est par le pardon que le Royaume d’Amour de Dieu pourra s’établir dans nos vies.

Jusqu’où va le pardon? Ou plutôt, ce qui revient au même, jusqu’où va l’amour? Humainement, à chacun, chacune, de trouver la réponse selon notre expérience de vie.

Par contre, je sais que Jésus est mort sur la croix en pardonnant afin que nous soyons pardonnés et, ainsi, libérés…



[1] On peut aussi expérimenter la correction fraternelle (Matthieu 18, 15-18) , et ce, tout en étant conscients de ses propres défauts ou torts.

 

 

10. juin, 2019

C'est le 15 août 2016, en la Fête de l'Assomption de la Vierge Marie, que je compris pourquoi j’avais peint ma toile Vers la Jérusalem Céleste sous la forme d'une matrice, d'un utérus. C’est parce qu’il nous faut renaître pour atteindre la Jérusalem Céleste; et c'est surtout parce que c’est grâce à Marie, qui a porté le Christ en son sein, que la Jérusalem Céleste nous est accessible. Nous irons donc vers la Jérusalem Céleste en passant par Marie, car par Marie, nous renaitrons. C’est le seul accès.

Marie enfante l’Église et nous enfante depuis que le Christ lui a confié l’humanité au pied de la croix.

Depuis, Marie n’a pas chômé. Elle a été auprès des apôtres, des disciples, à veiller à la naissance de l’Église de son Christ. Elle a marché, et elle marche toujours, auprès de personnes qu’Elle a transformées et transforme en saints et saintes. Elle se manifeste un peu partout dans le monde, et ce, depuis les tout débuts de l’Église, à des moments-clés de l’histoire de l’humanité. Elle est présente à nous tous et toutes dans le quotidien de nos vies. Elle veille sur nous, nous éduque, nous forme, nous transforme, nous fait constamment renaitre. Elle intercède inlassablement pour nous.

Quelle mère magnifique, exceptionnelle!

Lorsque j’ai consulté, pour la première fois, un tableau des apparitions mariales, j’ai été agréablement surprise de me rendre compte que les apparitions ne dataient pas d’hier. J’étais émerveillée de la présence de Marie parmi nous, les êtres humains. Vous pouvez y accéder à http://www.spiritualite-chretienne.com/marie/priere_4.html#histoire.

Jésus ne nous a pas seulement envoyé son Esprit Saint, Il nous a donné sa Mère. Quelle preuve d’amour!

Oui, réjouissons-nous, aujourd’hui, en cette fête de Marie, Mère de l’Église! Soyons solidaires à Marie, prions avec Elle pour l'Église et pour tous les membres qui la composent.

Et si ce n’est déjà fait, je vous encourage à confier votre vie aux bons soins de Marie!

 

 

 

6. juin, 2019

J’aime la fête de la Pentecôte! Même si je prie l’Esprit Saint tous les jours, je considère que cette fête vécue en Église nous permet de recevoir annuellement un renouveau d’Esprit Saint. Comme un moment clé de l’année où nous recevons, en communion les uns avec les autres, une bonne dose d’Esprit Saint pour nous remettre en route pour le reste de l’année.

En préparation à la Pentecôte qui aura lieu dans trois jours, je vous suggère une petite réflexion.[1]

Nous vivons, de Pâques à la Pentecôte, un temps pascal sous le souffle de l’Esprit de Pâques, un temps qui vient consolider notre foi et nous donner l’élan pour vivre en témoins de la résurrection du Christ. Ce temps nous prépare à recevoir l’Esprit, le Paraclet, que le Christ a promis!

Même si l’Esprit Saint est déjà à l’œuvre dans notre vie quotidienne, il est bon de le prier davantage en ce temps béni.

Ô Esprit Saint, vient et renouvelle-nous!

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Prière au Saint Esprit du Cardinal Mercier (C’est une prière qui peut être récitée à l’année, tous les jours)

« Ô Esprit-Saint, Âme de mon âme, je Vous adore! Éclairez-moi, guidez-moi, fortifiez-moi, consolez-moi. Dites-moi ce que je dois faire, donnez-moi Vos ordres. Je Vous promets de me soumettre à tout ce que Vous désirez de moi et d’accepter tout ce que Vous permettrez qu’il m’arrive. Faites-moi seulement connaître Votre volonté. Amen. »

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L’Esprit Saint ne vient jamais seul, Il vient, chargé de dons : Sagesse, Intelligence, Conseil, Force, Connaissance, Adoration-louange et Affection filiale.

Dans un moment de prière, demandons à l’Esprit Saint de nous transmettre le don dont nous avons le plus besoin présentement, dans l’ici et maintenant de notre vie, soit la Sagesse, l’Intelligence, le Conseil, la Force, la Connaissance, l’Adoration-louange, l’Affection filiale.

Plus nous laissons l’Esprit travailler en nous, plus nous le laissons nous transformer, plus nous devenons, chacun, chacune, comme un arbre sur lequel se développent de bons fruits : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maitrise de soi.

Pour que de tels fruits poussent sur nos branches, il nous faut du courage, une bonne dose de pardon et l’audace des recommencements. Ainsi, la jalousie cède la place à la bienveillance, les rivalités se transforment en humilités et nos jugements en accueils inconditionnels et en actions charitables.

Dans un moment de prière, demandons à l’Esprit Saint de nous aider à laisser s’épanouir en nous un ou plusieurs de ses si bons et beaux fruits : l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maitrise de soi.

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Prière à l’Esprit Saint (je n’ai pas le nom de l’auteur)

Viens, Esprit Saint, Sanctificateur, Tout-Puissant Dieu d’Amour.

Toi qui as comblé de grâces immenses la Vierge Marie, toi qui as transformé prodigieusement les cœurs des Apôtres, toi qui as doué d’un miraculeux héroïsme tes martyres, viens nous sanctifier, illuminer notre esprit, fortifier notre volonté, purifier notre conscience, rectifier notre jugement, embraser notre cœur, et préserve-nous du malheur de résister à tes inspirations. Amen.

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Que l’Esprit Saint soit notre soutien, notre guide, notre joie et notre espérance!



[1] Inspirée en partie (pour les dons et les fruits) d’un texte dont je ne retrouve plus la source.

 

 

27. mai, 2019

Lorsque j’observe ce qui se passe dans le monde, on dirait que tout apparait soit noir, soi blanc, soit de gauche ou soit de droite, qu’il n’y a pas de nuances, de juste milieu.

Par exemple, d’un côté, on se réclame de l’avortement à volonté et de l’autre, on condamne les femmes à la peine de mort si elle se font avorter!

Je me demande ce que ferait Jésus en de pareilles circonstances… Jésus est au-dessus de la loi : autant la loi qui légalise l’avortement que la loi qui condamne les femmes à la peine de mort.

Je le vois assis, en train de dessiner des traits sur le sable, puis dire : « Moi non plus, je ne te condamne pas; vas et désormais ne pèche plus. »

Jésus nous donne son pardon, il nous offre la joie de recommencer à neuf et de se vivre autrement, de marcher sur la voie du milieu, ajustés-es à Dieu.

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Il y a plus de trente ans, lorsque j’étais étudiante à l’université, il y eut une grève des transports en commun. J’ai alors décidé de prendre mon vélo pour me rendre à mes cours de maîtrise. Je pensais faire le bon choix, continuer coûte que coûte ma scolarité. Je partais du nord-est de la ville pour me rendre au pied du Mont-Royal. Ce choix semblait correct et personne ne pouvait le contredire. Par contre, à ce moment précis, un ovule fécondé était en train de procéder à sa nidation. Moment crucial de la grossesse. Je le savais, je le sentais dans mon corps. Je pensais que je pouvais continuer à pédaler sans aucun problème. Mon ressenti me disait d’arrêter, mais je continuais à prendre mon vélo. De toute façon, c’était la fin de la session. Je me souviens d’avoir dit, tout en pédalant : « Accroche-toi! »

J’ai eu des règles, un peu en retard. Des règles douloureuses, accompagnées de bonnes contractions utérines. Par contre, je n’avais pas l’impression d’une grossesse qui s’interrompait brusquement. Juste de bonnes règles douloureuses.

Une semaine et plus, plus tard, je ne me sentais pas dans mon état normal. Je me sentais enceinte... Mon médecin me fit passer un test de grossesse. Il était positif. C’était la joie et en même temps, je ne comprenais plus rien…

Deux semaines plus tard, je me suis réveillée un matin et j’avais des saignements. Horreur, je fais une fausse-couche! C’est l’hôpital, les tests. Tout ça pour me faire dire que la fausse-couche avait déjà eu lieu, que les hormones de grossesse demeuraient un certain temps dans le sang et que l’utérus éjectait ce qui restait de la nidation. J’ai eu un curetage et beaucoup de peine…

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Les expériences, bonnes ou mauvaises, m’ont permis d’apprendre et de devenir plus sage, mais il me semble que ce n’est pas assez. Souvent, je demande au Seigneur la sagesse. Il me semble que si j’avais eu plus de sagesse à certains moments de ma vie, j’aurais évité des situations éprouvantes.

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Peut-être, ce qui manque dans notre monde, c’est la sagesse; pas n’importe quelle sagesse, la sagesse de Dieu Père bienveillant, celle que le christ Jésus nous a enseignée par sa vie. Cette sagesse qui permet de poser un regard profond sur les événements, d’être conscient de nos actes, de prendre les bonnes décisions, de faire des choix éclairés, de nous émerveiller de la vie et de la respecter sous toutes ses formes. Cette sagesse qui nous dit que si nous vivons une situation difficile, il est bon d’aller chercher de l’aide adaptée à notre situation. Surtout, ne pas rester seule, autant spirituellement et qu’humainement.

 

 

20. mai, 2019

En cette fête de saint Bernardin de Sienne, je vous offre un texte que j’ai écrit il y a quelques années.

(Saint Bernardin était Franciscain. Il a vécu de 1380 à 1444. Il était un prédicateur très populaire qui prêchait l’amour de Dieu et le nom de Jésus. Il invitait les chrétiens à voir au-delà du monde déchiré[1] dans lequel ils vivaient. Son message est toujours très actuel…)

Pour la fête de saint Bernardin de Sienne, j’avais décidé d’aller à la messe de 9 heures dans ma paroisse d’origine. Toutes les fois que je passe sur l’autoroute 40 ouest, je prends le temps de regarder cette église comme pour y puiser la force de continuer le chemin. Surtout lorsque j’étais en route pour le Pèlerin, pour y suivre ma formation en accompagnement spirituel. De plus, je me sens attachée à saint Bernardin, car j’ai découvert récemment que la dimension de l’amour chrétien était le centre de sa prédication et qu’il priait le nom de Jésus, ce que je fais naturellement depuis des années. Il est un de mes compagnons de route.

J’arrive toute joyeuse, car depuis des mois, je désire assister à une messe à l’église où j’ai vécu mes premiers sacrements : le baptême, la première communion, le pardon et la confirmation.

Plusieurs autos sont stationnées aux abords de l’église. Je m’attends à une grande fête. Je suis juste à l’heure. Je cherche un stationnement. Je cours vers le devant de l’église.

Quelle déception! Les portes sont barrées.

Une dame me dit que les autos appartiennent aux employé(e)s de l’école d’en face.

Je me rends à une porte de côté, une affiche de la Ville de Montréal condamne le lieu à la fermeture.

Je me rends à la porte du presbytère. Il y a une lumière à l’intérieur. Je sonne. Un religieux me répond et me confirme que l’église est fermée depuis un an sur ordre de la Ville de Montréal pour insalubrité.

Effectivement, de l’extérieur, on voit que le toit est un peu en décrépitude. Elle est belle pourtant cette église! Elle est toute en pierre. Elle ne date que de 1959… On l’a délaissée? Il parait qu’on va la démolir et en reconstruire une plus petite. Le religieux se demande si elle va être fréquentée…

Je ne peux même pas aller faire une petite visite. Les ordres sont les ordres. Voyant mon désarroi, le religieux m’invite à la messe du lundi à 16 h dans une chapelle située au presbytère. Il me dit qu’il est triste de ne pas avoir accès à l'église, que la vie n’est plus là.

Je suis tellement déçue… En marchant vers mon auto, comme une consolation et une vérité, j’entends d’une voix neutre : « L’Église doit se vivre autrement, Martine. » Mais je pleure.

Est-ce toi Seigneur? Ou plutôt, est-ce toi saint Bernardin?

En route, de me dépêche d’écrire, aux feux rouges, « L’Église doit se faire autrement, Martine » pour ne pas oublier. Puis je fais silence et laisse monter en moi la réflexion. Que sont les églises? Elles ne sont plus nécessairement ces lieux physiques que nous connaissons. Elles sont plus que cela. Qu’est-ce qui constitue l’Église de Dieu? Ce sont les communautés nouvelles, les communautés religieuses, les familles spirituelles, les communautés de priants unies les unes aux autres dans l’invisible.

Oui, c’est ça l’Église de Dieu! Une communauté de croyants et de croyantes liés les uns aux autres. La grande famille de Dieu est unie dans l’invisible. Nous sommes appelé-e-s à apprendre à faire Église autrement et à voir, au-delà de notre monde sans dessus dessous, la lumière et la vie qui y règnent.

 

(Pour visiter de magnifiques églises de Montréal, je vous invite à aller sur https://mesquartiers.wordpress.com/2017/11/21/top-15-des-plus-belles-eglises-contemporaines-a-montreal/)

 


[1] Magnificat, Mai 2019, page 289.