15. oct., 2018

Aujourd’hui, je désire partager avec vous un texte qui est affiché, comme un aide-mémoire, sur la porte de mon frigo. Il est rare que je cite un texte aussi long, mais je le trouve très inspirant.

Il s’inscrit dans mon cheminement spirituel personnel, mais il nous concerne tous. Surtout au Québec, où la tradition sociale a longtemps été : nous sommes nés pour un petit pain; et où, maintenant, la laïcisation, entre autres,  contribue à faire oublier au gens leur vraie nature, divine.

Notre vie est un appel à devenir. À devenir l'être unique, le don particulier que nous sommes pour notre monde; le projet de Dieu sur nous dans la construction de son Royaume. Et à le devenir en plénitude.

Ce texte est de Marianne Williamson, extrait de A Return to Love : Reflections on the Principles of A Course in Miracles", Harper Collins, 1992; et il a été cité par Nelson Mandela, en 1994, dans son discours d’investiture à la présidence de la République de l’Afrique du Sud.

« Notre peur la plus profonde n’est pas que nous ne soyons pas à la hauteur.

Notre peur la plus profonde est que nous sommes puissants au-delà de toute limite.

C’est notre propre lumière et non pas notre obscurité qui nous effraie le plus.

Nous nous posons la question : « Qui suis-je, moi, pour être brillant, radieux, talentueux, merveilleux? »

En fait, qui êtes-vous pour ne pas l’être?

Vous êtes un enfant de Dieu.

Vous restreindre, vivre petit ne rend pas service au monde.

L’illumination n’est pas de vous rétrécir pour éviter d’insécuriser les autres.

Nous sommes nés pour rendre manifeste la gloire de Dieu qui est en nous.

Elle ne se trouve pas seulement chez quelques élus : elle est en chacun de nous et au fur et à mesure que nous laissons briller notre propre lumière, nous donnons inconsciemment aux autres la permission de faire de même.

En nous libérant de notre propre peur, notre présence libère automatiquement les autres»

***

Cette conception de la liberté m’amène à partager avec vous un autre texte qui a été déterminant dans ma vie, il y dix ans.

« La liberté n’est pas un droit, mais une responsabilité. Car en te libérant, tu contribues à la libération de toute l’humanité. Tu as la responsabilité de vaincre tes peurs qui enchainent tes rêves, afin de ne pas priver le monde d’être enrichi de tes œuvres. » (François Gervais, paru dans Au fil des jours, le 10 janvier, Éditions Anne Sigier, 2008.)  

Je vous invite à lire Soyez dans la joie et l’allégresse, l’Exhortation apostolique Gaudete et Exsultate sur l’appel à la sainteté dans le monde actuel, écrite par le pape François. Vous y trouvez des pistes concernant ce devenir vers lequel nous sommes appelés et son rapport à la sainteté. Rien de moins!

 

 

14. oct., 2018

C’est en lisant le livre Marche en ma présence de Jean-Guy Saint-Arnaud que j’ai été interpellée à vérifier quelle était la date de mon baptême pour que je puisse, pour la première fois, célébrer cette journée anniversaire toute aussi importante pour moi que celle de ma naissance.

C’est à cette date, le 14 octobre, que j’ai fait mon entrée dans la grande famille de Dieu, dans l’Église. C’est par ce sacrement que j’ai été lavée de la faute originelle, que j’ai reçu l’Esprit Saint, naissant à nouveau, purifiée et ointe prêtre, prophète et roi. Rien de moins!

Le baptême est le plus beau cadeau qu’on puisse recevoir et, en même temps, c’est une grande responsabilité. Une grande responsabilité parce que nous avons notre vocation baptismale propre, notre devenir unique, notre contribution personnelle à apporter à la construction du Royaume de Dieu.

Il y a une dizaine d’années, lorsque j’étais catéchète dans ma paroisse, je me souviens d’avoir présenté une catéchèse sur le baptême. Cette catéchèse m’avait beaucoup ressourcée ainsi que les parents qui y assistaient. Ils m’avaient dit, qu‘en tant que chrétiens, ils venaient de prendre conscience de toute la beauté de leur baptême et de l’engagement auquel ce sacrement les appelait. Je m’étais dit alors que tous les baptisés, une fois rendus à l’âge adulte, à 20, 30, 40 50 ans, devraient revivre la catéchèse de leur baptême, car la plupart d’entre nous avons été baptisés lorsque nous étions que de tout petits bébés.

Le pape François fait mention du baptême dans son Exhortation apostolique sur la sainteté dans le monde actuel, au numéro 15. Laisse la grâce de ton baptême porter du fruit dans un cheminement de sainteté. Permets que tout soit ouvert à Dieu et pour cela choisis-le, choisis Dieu sans relâche. Ne te décourage pas, parce que tu as la force de l’Esprit Saint pour que ce soit possible; et la sainteté, au fond, c’est le fruit de l’Esprit Saint dans ta vie (cf. Ga 5, 22-23).

Actualiser ce cadeau permet de prendre conscience de la grâce qui nous a été donnée. Une façon simple d’actualiser notre baptême est de se signer chaque jour, ou lorsque cela est possible, avec de l’eau bénite et de dire : c’est avec joie que je renouvelle mon baptême au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen, pour ta plus grande joie, Seigneur. Chaque jour, choisir Dieu. Et une fois par année, renouveler les promesses de notre baptême, le Samedi Saint, lors de la Veillée Pascale.

Ainsi notre cœur peut chanter sans fin : Ô Père, je suis ton enfant. J’ai mille preuves que tu m’aimes. Je veux te louer par mon chant, le chant de joie de mon baptême. (Ô Père, je suis ton enfant de Marie-Antoinette Bassieux et Jean Humenry)

Et vous, l’anniversaire de votre baptême est pour bientôt?

 

 

13. oct., 2018

Vous connaissez le nombre 13? Les superstitions et les peurs qui y sont reliées?

Je me souviens que, lorsque j’étais adolescente, ma mère m’a appris à aimer ce nombre, c’est-à-dire, cette date. Elle me disait que c’était une journée de transformation qui nous était offerte. Je n’ai donc jamais eu peur de ce nombre et le 13 de chaque mois était pour moi une journée bénéfique, un jour important, un jour de belles réalisations. Et c’est resté comme ça pendant plusieurs années. Pas facile à partager dans un monde où il a été inculqué comme étant un nombre malchanceux…

Il y a quelques années, j’ai décidé que le 13 de chaque mois serait, pour moi, la fête de la Sainte Trinité. Une journée consacrée à la Sainte Trinité, même si je prie tous les matins pour que ma journée se vive au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. C’est grâce aux écrits de Sœur Lucie de Fatima que j’en ai décidé ainsi.[1] 

Sœur Lucie raconte dans le livre Comment je vois le message à travers le temps et les évènements[2] qu’elle était très intriguée à savoir pourquoi les apparitions de la Vierge Marie avaient toujours lieu le 13 du mois, sauf une exception. Elle en est venue à se demander le pourquoi de cette date. Sa réflexion l’a amenée à la conclusion que le nombre 13 est le nombre de la Trinité : « Un seul Dieu, trois Personnes distinctes, Père, Fils et Esprit Saint. »[3]

Lors de la 3e apparition de l’Ange (nous sommes en 1917), ce dernier incite les enfants à « adorer Dieu dans le mystère de la Très Sainte Trinité. » Voici la prière qu’il a transmise :

« Très Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus Christ, présents dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé. Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et ceux du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pêcheurs. »  Sœur Lucie raconte que cette prière fut pour elle d’un grand secours dans son union à Dieu.[4]

Je vois des similitudes entre cette prière à la Sainte Trinité et celle du chapelet de la Miséricorde Divine enseignée par Jésus à Sœur Faustine dans les années ’30 : « Père Éternel, je t’offre le Corps et le Sang, l’Âme et la Divinité de ton Fils bien-aimé Notre Seigneur Jésus-Christ en réparation de nos péchés et de ceux du monde entier. »

Sœur Lucie déclare que le mystère de la Très Sainte Trinité est ce qu’il y a de plus beau.[5] Elle écrit : « Notre-Dame est devenue le temple vivant de la Très Sainte Trinité : l’Esprit Saint qui est descendu sur elle, le Père qui l’a associée à son œuvre, et le Fils que le Très-Haut a engendré dans son sein virginal. Ce mystère de la Très Sainte Trinité est le fondement, le principe et la fin de toute notre prière, de tout notre être et de toute notre vie. De Dieu nous venons, à Dieu nous allons et en Dieu nous demeurons. »[6]

Et j’ajouterais que c’est par Marie, par son Cœur Immaculé, que tout cela peut advenir.

***

Bien avant 1917 (les apparitions de Fatima) et 1930 (le message de Jésus à Sœur Faustine), une religieuse, Sœur Élisabeth de la Trinité compose, en novembre 1904, une Prière à la Sainte Trinité, le soir de son entrée en Carmel. En voici le début : « Ô mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon âme était dans l'éternité! Que rien ne puisse troubler ma paix ni me faire sortir de Vous, ô mon Immuable, mais que chaque minute m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère. Pacifiez mon âme, faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le lieu de votre repos; que je ne vous y laisse jamais seul, mais que je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute livrée à votre action créatrice. » (Pour la prière complète et un petit film sur Sainte Élisabeth : http://croire.la-croix.com/Definitions/Figures-spirituelles/Sainte-Elisabeth-de-la-Trinite/O-mon-Dieu-Trinite-que-j-adore)

***

Voici un lien pour prier le rosaire de la Trinité :

https://www.etoilenotredame.org/actualites/chapelet-du-jour-le-rosaire-de-la-trinite.

***

Je nous souhaite un très beau 13 octobre, en Communion d’Amour Trinitaire, tous et toutes blotti-e-s dans le Cœur Immaculé de Marie avec tous ceux et celles que nous portons dans la prière!

 


[1] Voir le texte Jésus t’attends à Fatima sur ce site à http://www.carnetspirituel.com/417134632 

[2] Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, Comment je vois le message à travers le temps et les évènements, Éditions Carmel de Coimbra, Fatima, 2006.

[3] Idem, page 29.

[4] Idem, page 23.

[5] Idem, page 57.

[6] Idem, pages 39-40.

 

 

8. oct., 2018

Comme l’évangile du jour est celle du Bon Samaritain, je partage avec vous une homélie que j'ai écrite dans le cadre du cours « Comment actualiser la parole de Dieu pour aujourd'hui? » suivi à l'Institut de pastorale des Dominicains.

(Homélie d’après les lectures du 15edimanche de l’année C)

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (10, 25-37)

 

Ligne directrice : non pas, qui est mon prochain? Mais : suis-je un prochain pour l’autre?

« Pour mettre Jésus à l’épreuve… » Le docteur de la Loi voulait mettre Jésus à l’épreuve pour savoir si Jésus prônait ce qui est écrit et prescrit dans les Écritures. Jésus, en bon pédagogue, ne répond pas à sa question, mais il lui pose une question en retour pour que le docteur de la Loi dévoile la réponse en la trouvant en lui-même. « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Ha! Je me suis fait avoir…, a peut-être pensé le docteur de la Loi; c’est moi qui aie donné la réponse… Je vais lui poser une autre question à laquelle il lui sera très difficile de répondre, car cette question me pose problème à moi aussi : « Et qui donc est mon prochain? »

Encore une fois, Jésus ne lui répond pas directement, il lui raconte une parabole. On pourrait penser qu’ainsi Jésus se protège, mais Jésus sait que le docteur de la Loi a une expérience de la Loi au niveau de la connaissance, qu’il en est un spécialiste. Jésus désire l’amener vers une pratique de cette Loi, non par l’obéissance à cette connaissance, mais par et avec le cœur.

D’ailleurs, les lectures d’aujourd’hui, la première lecture et le psaume, nous révèlent tour à tour que la Loi est dans notre bouche et dans notre cœur et qu’elle réjouit ce dernier afin que nous la mettions en pratique. Garder la Loi du Seigneur dans notre cœur, pas uniquement dans notre tête pour être un prochain pour l’autre.

Pour en revenir au docteur de la Loi de l’Évangile, sa rencontre avec Jésus lui permet donc de dépasser le seuil de la connaissance de la Loi de Dieu par l’illustration d’une mise en pratique concrète et qui interpelle : être saisi de pitié, faire preuve de bonté, être un prochain pour l’autre. Par la parabole, Jésus le guide sur le chemin qui mène de la tête au cœur.

Dieu lui-même a été saisi de pitié à l’appel de son peuple et Il a envoyé son Fils pour répondre à cet appel. Notre Dieu est un Dieu qui s’est fait proche par Jésus en venant vivre parmi nous. Jésus a accompli la Parole, en mettant en pratique la Loi de Dieu son Père, par sa bonté, par sa bienveillance. Il a été touché, et sa réponse s’est traduite par ses enseignements, ses guérisons, son pardon des péchés et par sa mort sur la croix. Jésus est le prochain par excellence, celui qui a donné sa vie pour nous, afin que nous ayons la vie éternelle.

Pour certaines personnes, c’est dans leur nature d’être pleins de bonté, d’être bienveillants, peu importe les situations, d’être de bons Samaritains. Une amie à moi, qui est directrice d’un organisme communautaire, a ça dans le sang. Le but de sa vie est d’améliorer la qualité de vie des personnes en les soutenant et en les amenant vers des ressources. Cette femme, qui œuvre auprès de parents dont les enfants souffrent d’un désordre neurologique et d’adultes qui en sont atteints, me racontait qu’il y a quelques années, sa mère ayant subi une importante chirurgie, elle se rendait la voir en autobus dans un hôpital dans le nord-ouest de la ville. Mon amie était bouleversée, car elle ignorait l’état de sa mère. Elle n’en menait pas large, comme on dit. Lors de son transfert d’autobus, elle fut abordée par une femme d’une quarantaine d’années qui semblait, elle aussi, très bouleversée. Cette mendiante, bien mise de sa personne, avait les yeux remplis d’eau. Très mal à l’aise, elle demanda à mon amie, tout en lui spécifiant qu’elle avait honte de mendier, si elle n’avait pas un peu d’argent à lui donner. Elle précisait qu’elle venait quêter ici, car elle ne risquait pas de rencontrer des personnes de son quartier situé dans le sud-est de la ville.

La plupart des gens, aurait été indifférents en l’ignorant, d’autres auraient donné de l’argent pour s’en débarrasser ou pour avoir bonne conscience et certains vraiment par compassion. Mon amie, qui n’avait pas un sou dans ses poches, que sa carte de débit, alla plus loin… Elle se mit à écouter cette femme qui lui racontait sa situation précaire. Elle oublia complètement ses propres soucis par rapport à l’état de sa mère. Cette femme lui raconta qu’elle était en attente de son assurance-emploi, qu’elle aurait un premier versement seulement dans les prochaines semaines. Monoparentale, elle avait deux enfants à nourrir. Son souhait était d’acheter du lait et du pain. Le minimum. Alors, mon amie lui parla des comptoirs de nourriture, des organismes de dépannage, etc. Elle lui dit : « Je vais vous aider à trouver les ressources de votre quartier. » Et elle prit en note son adresse courriel. La femme ne reçut pas d’argent de mon amie, mais de l’écoute humaine, du soutien et des ressources pour améliorer sa qualité de vie et lui redonner espoir.

Mon amie n’avait-elle pas un véritable cœur de compassion? Un cœur qui est régi par la loi de l’amour, à l’antipode de l’indifférence?

Le Pape François, nous propose justement de vivre le présent Carême de façon à contrer l’indifférence. Qu’est-ce qui pourrait bien contrer l’indifférence dans notre vie? Être saisi de pitié, faire preuve de bonté, devenir « Bienveillants comme Jésus. »

En ce temps de Carême, n’est-ce pas un bon moment pour nous pratiquer à être le prochain de ceux et celles qui nous entourent et de nous renforcer avec Jésus, par la lecture de la Parole et la prière? Descendons dans notre cœur, trouvons en nous le potentiel nécessaire pour répondre à l’appel de Jésus. Être présence pour l’autre, être à son écoute pour que l’autre, à moitié mort comme l’homme de la parabole, revienne à la vie. Être prochain, c’est permettre à l’autre d’exister. Nous pouvons aider les autres à se relever, à retrouver leur dignité de fils et de filles de Dieu, pour qu’ils découvrent leur valeur et qu’ils sachent qu’ils sont aimés de Dieu.

Nous entendons parler, dans notre société, de savoir et de savoir-faire ce qui n’est pas mauvais en soi. On y oublie peut-être, le savoir-être qui vient faire toute la différence, qui vient ajouter les dimensions humaines et spirituelles dans toutes nos relations avec les autres.

Pensons aussi aux moments où les autres se sont faits proches de nous, où ils ont été un prochain pour nous et aux moments où nous avons été un prochain pour quelqu’un…

Soyons des témoins de la bienveillance de Dieu.

Voir le monde tel que Dieu le voit c’est descendre de la tête au cœur pour être saisi de pitié, pris de compassion et devenir un être de bonté, un prochain pour les autres. « Tu aimerais le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur » et surtout « Tu aimerais le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur » dans l’autre et par l’autre.

Le Samaritain qui est un étranger, un non Juif, n’était même pas digne d’intérêt, il était rejeté. Tant qu’au prêtre et au Lévite, ils étaient pris dans l’observance de leurs lois. Pourtant, c’est le Samaritain qui prend soin de l’homme blessé parce qu’il a été saisi de pitié. Le cœur n’obéit pas aux lois, ni aux distinctions sociales, ethniques, culturelles, sinon à celle de l’amour fraternel, universel. À nouveau, le docteur de la Loi se retrouve interpellé dans ses croyances et, pour toute réponse, il reçoit de Jésus un envoi en mission : « Va, et toi aussi, fais de même. »

L’Évangile dite du « Bon Samaritain » aurait pu être appelée « l’Évangile de la rencontre », celle de l’être humain avec Dieu par le Christ. C’est cette rencontre qui permet ce mouvement de conversion de la tête au cœur. Par notre relation avec le Christ, notre regard est clarifié et nous pouvons voir comme Dieu voit. Dieu n’est pas un savoir, un concept, c’est un être de relations. Développons donc notre relation avec Lui, avec les autres et pourquoi pas, avec nous-mêmes afin que notre regard soit ajusté. 

Que notre rencontre et notre relation avec Jésus par la lecture de la Parole, la prière, par et dans les autres…, nous amènent à ouvrir notre cœur. Nous deviendrons de « Bons Samaritains » les uns pour les autres, le mur de l’indifférence tombera. Et si c’est au-delà de nos capacités, demandons à Jésus de nous accompagner, de nous soutenir et de nous enseigner comment être : des êtres d’amour, doux et humble de cœur. Comme l’amour c’est ce qui est de plus important, soyons des prochains remplis d’amour. Et si c’est par obligation, sociale ou familiale, qu’il y ait quand même et surtout de l’amour.

Allons, et nous aussi, faisons de même!

 

7. oct., 2018

Il suffit de manquer de quelque chose, de ne plus avoir quelqu’un à nos côtés, d’être malade, etc., pour se rendre compte que, la plupart du temps, nous vivons notre vie comme si tout allait de soi, et même, comme si tout nous était dû.

Quand tout bascule, nous devenons misérables comme le personnage de Job dans la Bible, vous savez, celui qui perd tout rapidement.

Pourquoi faut-il attendre une perte quelconque pour être reconnaissant de ce que nous sommes, de ce que nous vivons et de ce que nous avons?

Tout est grâce, tout est don de Dieu. Chaque nouveau jour qui commence, chaque instant et chaque respiration sont grâce et amour donné.

Nous sommes des êtres de grâce, des êtres gratifiés, comblés de grâce, à l’instar de Marie.[1] N’est-ce pas merveilleux? Marie est pour nous un modèle, car elle représente à la perfection l’accueil des dons de Dieu.[2] Ce Dieu qui n’est que don, car la vie est essentiellement faite pour être donnée.[3] Jésus ne nous l’a-t-il pas démontré? 

***

Depuis mon 50e anniversaire de naissance, il y a quelques années, j’ai pris l’habitude de rendre grâce.

Rendre grâce pour toutes les personnes qui ont fait de moi ce que je suis devenue et pour celle que je suis en train de devenir. Pour toutes les personnes qui ont été présentes aux différents âges de ma vie et dont l’apport a été essentiel, voire, vital et bénéfique pour ma croissance humaine et spirituelle.

Depuis quelques années, je m’émerveille de ce que Dieu accomplit en moi par son Esprit Saint et par les autres. Il me modèle afin que je devienne pleinement celle que je suis appelée à devenir, un des reflets de son visage d’amour.

À la messe, au moment de rendre grâce nous disons : Rendons grâce au Seigneur, notre Dieu, et nous répondons : Cela est juste bon. Vraiment, Père très saint, il est juste et bon de te rendre grâce, toujours et en tout lieu... Et avant, nous venions tout juste d’élever notre cœur, de le tourner vers le Seigneur…

Oui, il est juste et bon de te rendre grâce, Seigneur!

Seigneur, je te remercie pour ma vie, celle que tu me donnes et renouvelles chaque jour; merci pour les personnes que tu places sur mon chemin; merci de vivre avec moi tous les moments de ma vie, les bons et les moins bons.

***

Rendons grâce en toutes circonstances. Rendons grâce, même si nous ne sommes pas ce que nous aimerions être, même si nous n’avons pas ce que nous voulons, même s’il ne nous arrive pas ce que nous souhaitons, car il y a une part de mystère dans notre vie, la part de Dieu… Dans cette vie, tout ne nous est pas dévoilé. Vivons donc avec humilité en laissant la première place à Dieu et en nous abandonnant à Lui, dans ses bras de Père aimant. Le temps de Dieu n’est pas le temps des êtres humains, mais Il sait ce dont vous avez besoin.  (Matthieu 6, 8)

Comme Marie, méditons dans notre cœur, prions, faisons silence, lisons la Parole, faisons confiance, laissons-Dieu nous guider par sa Divine Volonté. Vivons dans la joie de l’espérance.

De plus, nourrissons-nous de l’Eucharistie, qui est en elle-même action de grâce, ainsi que de l’adoration eucharistique en y accueillant toutes les grâces qui nous y sont offertes et dont nous avons besoin.

Soyons reconnaissants et faisons confiance.

Cela est juste et bon.

 

Béni le Seigneur, ô mon âme. N’oublie aucun de ses bienfaits. (Psaume 102)

 



[1] Jean-Guy Saint-Arnaud, Marche en ma présence, Médiaspaul, 2006, page 101.

[2] Idem, page 106.

[3] Idem, page 113.