Réflexions

Voici quelques réflexions écrites de 1997 à 2014.

''Jésus t'attend à Fatima''

Ce sont les paroles que j’ai entendues dans un rêve que j’ai fait en 2012. Je me suis demandée alors : « Qu’est-ce que cela veut dire? », car je ne connaissais pas vraiment ce qui s’était passé à Fatima. Puis tranquillement, je me suis renseignée. Fatima est le lieu d’apparitions de la Vierge Marie, au Portugal, en 1917. Dois-je me rendre à Fatima? Jésus m’attend-t-il là-bas? C’est ridicule, Il est partout. Je le rencontre dans mon cœur tous les jours… Ou, comme saint François d’Assises, dois-je mieux interpréter ce que j’ai entendu? Est-ce qu’on m’invite, par ces paroles, à me rapprocher davantage de Marie, de comprendre et de mettre en pratique les messages que la Vierge a laissés à Fatima? Faut-il que je passe spirituellement par Fatima, à tout ce qui est relié, par Marie, pour rencontrer Jésus?

Je mets ça de côté. Par hasard, je vois des livres à la bibliothèque sur les messages de Fatima. J’entends parler du 3e secret de Fatima. Bien des mystères qui ne m’interpellent pas.

Puis, dans un de mes tiroirs, je trouve un dépliant sur Notre-Dame du Rosaire. Je me rappelle que je suis née le jour de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le 7 octobre. Plus tard, dans un bazar pour la Fondation des Enfants de l’Équateur à mon travail, je déniche, à la fois, un chapelet en bois où il est imprimé Fatima en lettres dorées ainsi qu’une statue de Notre-Dame de Fatima sous cloche de verre ayant appartenue à une Sœur de Miséricorde qui l’avait héritée de son père. Beaucoup de signes, mais pourquoi exactement? Comme Marie, je médite tout cela dans mon cœur.

Je laisse entrer Marie davantage dans ma vie sous le vocable de la Vierge de Fatima. Je suis plus assidue au chapelet et me consacre, ainsi que les miens, au Cœur Immaculé de Notre-Dame de Fatima.

Le 13 avril 2014, je choisi un livre parmi d’autres sur une table pour donation chez les Recluses Missionnaires. Il est intitulé Le message de Fatima, l’auteure est Sœur Lucie. Je le conserve quelques temps, puis je commence à le lire et le termine le lendemain. Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé a écrit ce livre à la demande de ses supérieurs carmélitains. Le titre complet est Comment je vois le message à travers le temps et les évènements.

Je comprends que l’essentiel du message est de prier encore plus et surtout pour la paix dans le monde et pour la conversion des pêcheurs. Depuis longtemps, ma devise spirituelle est : « Pour la gloire de Dieu et le salut des êtres humains. » Je me suis aussi rendue compte que je disais, depuis quelques années, des prières laissées aux enfants de Fatima qu’une amie m’avait montrée.

Celle-ci laissée par l’Ange de la Paix :

« Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas et ne vous aiment pas. »[1]

Quelque fois, je pleure tellement en disant cette prière. Comme Jésus et Marie doivent souffrir du refus d’amour des âmes tourmentées…

Cette autre, laissée par Marie, à dire à la fin de chaque mystère du chapelet :

« Ô mon Jésus, pardonnez-nous, préservez-nous du feu de l’enfer et conduisez toutes les âmes au ciel, surtout celles qui en ont le plus besoin. »[2]

Voici d’autres extraits de ce livre qui m’interpellent.

Sœur Lucie a été très intriguée à savoir pourquoi les apparitions de la Vierge Marie avaient toujours lieu le 13 du mois, sauf une fois. Elle en est venue à se demander le pourquoi de cette date. Sa réflexion l’a amenée à la conclusion que le nombre 13 est le nombre de la Trinité. « Un seul Dieu, trois Personnes distinctes, Père, Fils et Esprit Saint. »[3] Lors de la 3e apparition de l’Ange, ce dernier incite les enfants à « adorer Dieu dans le mystère de la Très Sainte Trinité : « Très Sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, je vous adore profondément et je vous offre les très précieux Corps, Sang, Âme et Divinité de Jésus Christ, présent dans tous les tabernacles de la terre, en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences par lesquels il est lui-même offensé. Et par les mérites infinis de son Très Saint Cœur et ceux du Cœur Immaculé de Marie, je vous demande la conversion des pauvres pêcheurs. » » Sœur Lucie raconte que cette prière fut pour elle d’un grand secours dans son union à Dieu.[4] Je lui trouve des similitudes avec la prière du chapelet de la Miséricorde Divine enseignée à Sœur Faustine par Jésus dans les années ’30.

Sœur Lucie déclare que le mystère de la Très Sainte Trinité est ce qu’il y a de plus beau[5]. Elle écrit : « Notre-Dame est devenue le temple vivant de la Très Sainte Trinité : l’Esprit Saint qui est descendu sur elle, le Père qui l’a associée à son œuvre, et le Fils que le Très-Haut a engendré dans son sein virginal. Ce mystère de la Très Sainte Trinité est le fondement, le principe et la fin de toute notre prière, de tout notre être et de toute notre vie. De Dieu nous venons, à Dieu nous allons et en Dieu nous demeurons. »[6]

J’ai donc décidé que le 13 de chaque mois, ce serait, pour moi, la fête de la Sainte Trinité. Une journée consacrée à la Sainte Trinité, même si je prie tous les matins pour que ma journée se passe au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit. Je décide de réciter, lors de cette journée, des prières à l’Esprit Saint afin advienne sur le monde une surdose d’Esprit Saint. Je me souviens que ma mère m’avait dit que le 13 est un nombre puissant, un nombre de transformation, mais je ne sais pas d’où cela lui venait. J’ai toujours perçu le 13 comme un jour important, un jour de belles réalisations. Pas facile à partager dans un monde où il a été inculqué comme étant un nombre malchanceux…

La prière est tellement importante et puissante. Dieu a besoin de notre prière, de notre contribution, pour convertir le monde et lui donner la paix. La prière est une nécessité, celle d’être en relation avec Dieu. Que ce soit par le chapelet, le rosaire ou toute autre prière qui nous met en présence de Dieu, avec foi, espérance et amour.[7]

J’ai été agréablement surprise lorsque j’ai lu, dans le livre de Soeur Lucie : …parce qu’en Dieu, il n’y a ni passé ni futur, tout est présent dans la lumière de son Être immense, comme si tout se passait dans le même instant.[8] Oui, le présent, le moment de Dieu, le moment qu’Il habite éternellement! Le présent, l’éternel présent, l’éternité déjà présente sur terre. C’est un thème que je chéris depuis plusieurs années. Ça me comble toujours de trouver quelqu’un qui est en concordance avec ce que j’expérimente.

Écrire par obéissance. Tel est le titre d’un chapitre[9] de mon livre. « J’écrirai par obéissance », écrit Soeur Lucie. Que de similitudes avec mes écrits! J’écris par obéissance. Oui, ce n’est pas mon désir, c’est son désir. Le Seigneur est bon, car il sait que j’aime écrire. Dans ma vie, je me suis tue tellement souvent, maintenant c’est comme si je ne pouvais plus m’arrêter de parler. Le Seigneur se sert toujours de nos vulnérabilités, de nos faiblesses, pour son œuvre. Il se sert d’une personne timide, introvertie et la transforme en une personne volubile pour partager son expérience spirituelle. Ce que les hommes rejettent, Dieu le choisit. La grâce de Dieu agit en eux. Tout est son œuvre.[10]

Comme Sœur Lucie, …je te le demande, mon Seigneur et mon Dieu, que ce travail soit pour toi, qu’il devienne même une hymne d’éternelle gratitude et de louange pour ton amour envers moi. J’aimerais écrire uniquement ce que Dieu veut.[11]

Le 5 juillet 2014, je retrouve des notes prises dans mon journal, le 16 mars 2013, où j’écris : « Tout concorde pour me consacrer au Cœur Immaculé de Marie qui est le message de Notre-Dame de Fatima pour les temps qui viennent. Le Cœur de Marie est avec le Sacré-Cœur de Jésus, le seul lieu sûr et la seule protection. » Marie n’a-t-elle pas dit, à Fatima : « À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera et il y aura la paix dans le monde » ?

Quel message, Seigneur, veux-tu que je transmette aux autres? Priez, priez les uns pour les autres, priez pour la paix dans le monde, pour la conversion de tous. Demeurez dans la joie.



[1] Sœur Marie Lucie de Jésus et du Cœur Immaculé, Comment je vois le message à travers le temps et les évènements, Éditions Carmel de Coimbra, Fatima, 2006, page 17.

[2] Idem, page 56.

[3] Idem, page 29.

[4] Idem, page 23.

[5] Idem, page 57.

[6] Idem, pages 39-40.

[7] Idem, page 33.

[8] Idem, page 12.

[9] Idem, page 9.

[10] Idem, pages 14 et 15.

[11] Idem, pages 12 et 13.

Lettre à ma fille sur le sens de la vie

Tu demandais, hier au souper, si la vie ce n’est que se fatiguer pour étudier, pour travailler, pour payer ses dettes, pour avoir des enfants… Tu demandais si ce n’est pas plus que ça. Tu dis aimer la vie, que tu es en admiration devant la nature si belle. Mais tu perçois comme un non-sens. Je t’ai répondu que la vie est un don. Une telle question demande réflexion et l’écriture est, pour moi, ma façon de réfléchir.

Voici, brièvement, quelques pistes de réflexion sur ce que je crois que la vie est, pour moi, par mon expérience que j’en fais depuis 52 ans.

Assez jeune, on m’a dit que la vie, que notre vie sur terre, que notre passage que l’on y effectue, notre pèlerinage, sert à expérimenter l’amour. Plus tard, j’ai pu découvrir que l’amour c’est ce qu’il y avait de plus important dans la vie. L’amour que l’on expérimente en relation avec soi-même, avec les autres, avec Dieu et avec notre environnement (la nature). Je te sens te crisper… Je sais, tu ne crois pas en Dieu. Disons que Dieu est un être indéfini, qu’on ne peut le décrire, un plus grand que soi, que c’est l’Amour dans toute sa pureté, sa beauté, sa grandeur et sa perfection. Si le mot Dieu ne te plait pas, nomme-le autrement.

Magda Hollander-Laffond (qui a survécu au camp de concentration) racontait, dans sa conférence, qu’elle a saisi la place de Dieu dans sa vie en assistant à un cours de grammaire (elle devait avoir 18 ans). J’adapte ici à ma pensée ce qu’elle disait. Si on enlève le verbe dans une phrase, la phrase perd tout son sens et elle n’est plus qu’un tas de mots sans but précis qui cherchent leur place. Si Dieu n’est pas présent dans notre vie, oh, on pourra vivre c’est sûr, mais sans la trame de fond, sans le fil qui nous relie au sacré de notre vie.

Si nous ne faisons pas de place au sacré, nous vivrons au même niveau que les animaux : lutter pour notre survie, nous reproduire pour sauver notre espèce de l’extinction, vieillir, mourir, ne plus exister.

Le sacré permet de nous extasier devant la nature et de créer. Le sacré c’est la dimension spirituelle en nous.

La vie est un don, un don que l’on reçoit par notre naissance et un don de soi pour que la vie, l’amour, fassent vivre les autres autour de nous.

Que sont les richesses de ma vie? Les connaissances que je possède, les objets, les mérites, la puissance? Ma seule richesse, pour moi, est la place que j’ai faite au spirituel, car ma vie a un sens, et ce sens est sacré. Parce que ma vie est un don sacré, celle des autres l’est tout aussi. L’attention aux autres, leur mieux-être; les respecter, les accueillir tels qu’ils sont, là où ils sont rendus. Nous sommes tous en chemin vers un mieux-être de toute notre personne et nous collaborons tous au mieux-être des autres.

Quand j’avais exactement ton âge, 22 ans, j’avais dit à un ami d’université, que pour moi, la seule chose qui comptait vraiment, c’était de laisser ma trace. C’est d’être venue sur terre et d’y avoir laissé quelque chose de bon; pas qu’on se souvienne de moi nécessairement, mais que je contribue de quelque façon que ce soit à ce que la vie soit meilleure.

Bref, demande-toi qu’est-ce que tu veux faire de ta vie. La vie est une série de choix, mais de choix qui sont dictés par ce que nous portons au plus profond de nous-mêmes. À ta naissance, tu as reçu un don particulier. Tu es unique. Personne avant toi n’était comme toi et personne après toi ne seras comme toi. Avec ton unicité, tu as la responsabilité de devenir ce que tu portes au plus profond de toi, ce à quoi tu es appelée. À t’épanouir et à faire vivre la Vie, peu importe la forme que cette vie aura.

Pénélope, je te souhaite de trouver ton propre sens à la vie. Ce sens profond qui fait que non, on ne se fatigue pas pour des choses futiles, mais que l’on devient ce que nous portons de plus beau et de plus grand en soi.

Avec tout mon amour,

Maman xx                                                                                                                   

Faire Église

Pour la fête de saint Bernardin de Sienne, j’avais décidé d’aller à la messe de 9 heures dans ma paroisse d’origine. Toutes les fois que je passe sur l’autoroute 40 ouest, je prends le temps de regarder cette église comme pour y puiser la force de continuer le chemin. Surtout lorsque j’étais en route pour le Pèlerin, pour y suivre ma formation en accompagnement spirituel. De plus, je me sens attachée à saint Bernardin, car j’ai découvert récemment que la dimension de l’amour chrétien était le centre de sa prédication et qu’il priait le nom de Jésus, ce que je fais naturellement depuis des années. Il est un de mes compagnons de route.

J’arrive toute joyeuse, car depuis des mois, je désire assister à une messe à l’église où j’ai vécu mes premiers sacrements : le baptême, la première communion, le pardon et la confirmation.

Il y a beaucoup d’autos stationnées aux abords de l’église. Je m’attends à une grande fête. Je suis juste à l’heure. Je cherche un stationnement. Je cours vers le devant de l’église.

Quelle déception! Les portes sont barrées.

Une dame me dit que les autos appartiennent aux employé(e)s de l’école d’en face.

Je me rends à une porte de côté, une affiche de la Ville de Montréal condamne le lieu à la fermeture.

Je me rends à la porte du presbytère. Il y a une lumière à l’intérieur. Je sonne. Un religieux me répond et me confirme que l’église est fermée depuis un an sur ordre de la Ville de Montréal pour insalubrité.

Effectivement, de l’extérieur, on voit que le toit est en décrépitude. Elle est belle pourtant! Elle est toute en pierre. Elle ne date que de 1959… On l’a délaissée? Il parait qu’on va la démolir et en reconstruire une plus petite. Le religieux se demande si elle va être fréquentée…

Je ne peux même pas aller faire une petite visite. Les ordres sont les ordres. Voyant mon désarroi, le religieux m’invite à la messe du lundi à 16 h dans une chapelle située au presbytère. Il me dit qu’il est triste de ne pas avoir accès à l'église, que la vie n’est plus là.

Je suis tellement déçue… En marchant vers mon auto, comme une consolation et une vérité, j’entends d’une voix neutre : « L’Église doit se vivre autrement, Martine. » Mais je pleure.

Est-ce toi Seigneur? Ou plutôt, est-ce toi saint Bernardin?

En route, j’écris aux feux rouges « L’Église doit se faire autrement, Martine » pour ne pas oublier. Puis je fais silence et laisse monter en moi la réflexion. Que sont les églises? Elles ne sont plus nécessairement ces lieux physiques que nous connaissons. Elles sont plus que cela. Qu’est-ce qui constitue l’Église de Dieu? Ce sont les communautés nouvelles, les communautés religieuses, les familles spirituelles, les communautés de priants unies les unes aux autres dans l’invisible. Oui, c’est ça l’Église de Dieu! Une grande communauté de croyants et de croyantes liés les uns aux autres et qui se vit dans l’invisible. La grande famille de Dieu. Apprendre à faire Église autrement.

Puis je fais un pèlerinage, je roule jusqu’au 2e lieu de mon enfance, mes écoles, la paroisse où j’ai pratiqué par la suite et où je me suis mariée. Juste la vue de l’église me réconforte. Là aussi, il y a de beaux souvenirs, finalement. Ah! Je pourrais aller à la messe le dimanche à 11 h. J’appellerai avant, cette fois-ci...

 

(Pour visiter de magnifiques églises de Montréal, je vous invite à aller sur https://mesquartiers.wordpress.com/2017/11/21/top-15-des-plus-belles-eglises-contemporaines-a-montreal/)

La prière d'intercession

Du plus loin que je me souvienne, lorsque j’étais adolescente, le soir, je m’assoyais en tailleur dans mon lit, je me fermais les yeux et j’enveloppais la terre d’un gros cœur d’amour, je me sentais universelle.

Quelques années plus tard, ma devise s’est révélée à moi : « Pour la gloire de Dieu et le salut des êtres humains! ». J’ai toujours désiré à ce que toutes les personnes soient sauvées. Ne sommes-nous pas tous frères et sœurs? Il m’est très triste de penser que plusieurs ne marchent pas dans la lumière, ne vivent pas de la Résurrection du Christ et surtout, ne savent pas qu’ils sont tant aimés de Dieu le Père!

Selon la spiritualité de Jeanne LeBer, nous, associés aux Recluses Missionnaires, avons deux fenêtres qui s’offrent à nous : une fenêtre sur Dieu et une fenêtre sur le monde. La prière d’intercession est cette fenêtre ouverte sur le monde. Cette prière permet une sortie de soi, une communion d’amour fraternel dans le désir que la volonté de Dieu se fasse pour les autres et par les autres.

Je présente les autres au Seigneur et Lui, Il fait son œuvre. Je confie souvent ces personnes à Marie, aux divers Saints et aux Serviteurs de Dieu; il y en a tant, comme des canaux ouverts qui mènent nos prières directement à Dieu. Je ne prie pas seulement pour ceux qui me demandent de prier pour eux, mais pour tellement de gens qui ne le savent pas : les membres de ma famille, des amis proches, des connaissances et aussi pour de parfaits inconnus dans l’autobus et le métro. Je prie en apercevant un édifice, un building, un hôpital, une prison, un CHSLD, une école, un centre commercial, etc.; en voyant une ambulance qui passe, un accident sur la route, un passant que je croise et qui a l’air de souffrir ou d’être malheureux. J’inclus dans ma prière, toutes les personnes pouvant vivre cette même situation dans le monde.

Je ne demande pas à ce que la souffrance de mon prochain cesse nécessairement, même si je le voudrais tellement, mais à ce qu’elle ait un sens, car je sais qu’elle lui permettra de rencontrer Dieu, d’accroitre sa foi, de développer la force et le courage de changer et de se vivre autrement tout en peaufinant sa relation à Dieu. De faire partie des Vivants.

Je crois à la communion entre tous et avec tous et pas seulement avec les chrétiens, car nous avons tous le même Père. Pour moi, la prière d’intercession appelle à l’union de prière, qui elle, permet de faire communauté dans l’invisible, de travailler à la venue et à l’entretien du Royaume d’Amour de Dieu, à continuer ce que Jésus est venu commencer sur la terre, il y a 2000 ans. Tout et chacun est essentiel pour former le corps du Christ.

La prière d’intercession est une disposition intérieure qui révèle notre responsabilité de croyant, responsabilité reçue lors de notre sacrement de baptême. 

L'intuition

Elle est présence de l'Esprit.

Vie de l'Esprit qui passe en nous.

L'intuition est le langage de l'Esprit.

L'intuition est vérité dite par Dieu.

L'intuition c'est la délicatesse de Dieu pour l'être humain. Le doux souffle de l'Esprit qui passe.

Serait-elle aussi la voix de notre ange gardien?

L'intuition est toujours présente, mais elle peut être consciemment accessible s’il y a écoute, silence, accueil, communion à la présence de Dieu en nous. Le cœur profond est le lieu de l'intuition qui y est comprise par l'intelligence du cœur. L'intuition s'empare aussi de la psyché et du corps, tout notre être en communion vit l'intuition.

En langage humain, on pourrait parler de 6e sens, mais on ne peut la réduire à un sens, car l'intuition procède de tout notre être.

Par rapport aux 5 sens connus, l'intuition demande de :

  • Regarder autrement;
  • Entendre autrement;
  • Être touché autrement;
  • Sentir autrement;
  • Goûter autrement.

L'intuition est la nourriture du sentiment et du désir pour l'épanouissement de notre Être-Parole.

Elle est révélation de l'image de Dieu, du mystère, de l'image de soi (notre identité filiale).

Un gâteau pour Jésus, chronique d'une maman

Noël se préparait tôt cette année-là, c'était dans l'air et aussi sur le sol...

Un samedi de novembre, alors que je revenais d'une sortie à l'Oratoire Saint-Joseph avec un groupe d'adolescents, Jean-Guy, Pascale et Pénélope m'ont fait la surprise d'avoir monté et décoré le sapin de Noël. Le temps manquait à Jean-Guy pour terminer sa besogne, alors, je me suis proposée pour installer le village et la crèche avec l'aide de Pascale et de Pénélope.

Le lendemain matin, toutes les trois nous ouvrions de nouveau la grosse malle bleue dans laquelle sont entreposées, ô merveilles, toutes les décorations de Noël et nous partions à la recherche de la neige ouatée, de la crèche, des personnages, des maisons, etc...   

Vous savez, c'est un plaisir sans cesse renouvelé que d'être témoin de l'émerveillement de mes enfants regardant le décor au pied du sapin, de les voir prendre dans leurs petites mains douces les mêmes moutons de laine que je caressais, il y a trente ans; de leur expliquer aussi le rôle de chaque personnage et la raison de la présence d'un sapin planté au milieu de ce décor représentant un événement qui s'est déroulé dans le désert, il y a de cela 2000 ans.

Ce plaisir nous apporte toujours un peu d'apaisement face à l'excitation montante de la venue prochaine du Père Noël et des cadeaux qu'il laissera sur son passage. Il nous amène tout doucement au caractère religieux de Noël : la naissance de Jésus.                                                                                                                                                   

Quelques jours plus tard, lors d'un repas tranquille du midi, Pénélope, âgée de trois ans, me demanda, inquiète :                                    

«Maman, on va faire un gâteau pour Jésus?»

Un peu surprise par sa question, je répondis pour la rassurer : «Mais oui, ma chérie.»

«On va inviter des amis et faire une fête avec des cadeaux?»                                           

«Mais oui, mon amour.»                                                      

«Jésus va venir chez nous pour souffler ses bougies et ouvrir ses cadeaux?»

«Certainement, Jésus est partout à la fois. Par contre, on ne pourra pas le voir, il va falloir souffler les bougies à sa place.»

Pénélope parue très déçue : imaginez, une fête d'anniversaire sans la personne fêtée! Je la rassurais en lui disant :

«Jésus est dans notre cœur et dans celui de toutes les personnes présentes avec nous le soir de Noël. Lorsque, ensemble, nous éteindrons les bougies, ce sera comme si c'était Lui qui agissait en nous et la même chose pour les cadeaux.

Puis, je me mis à chanter la chanson «Bonne fête Jésus...» ainsi que «Mon cher Jésus, c'est à ton tour de te laisser parler d'amour...»  Ce fut un instant de vif bonheur.

Satisfaite de mes explications, depuis ce jour, elle ne me posait plus de question, mais elle me rappelait fréquemment :

«Maman, n'oublie pas de faire un gâteau avec beaucoup de glaçage pour Jésus.»

Elle me disait aussi :

«Pendant que nous allons manger son gâteau, Jésus va téter le sein de maman Marie et après, il fera un petit dodo dans les bras de Joseph, son papa.»

Merci à vous les enfants de nous ramener de façon concrète aux priorités de la vie : la famille, l'amour, la paix, la joie, le partage, la fraternité... Peut-être un peu grâce à votre facilité de communier avec le sacré.

C'est ainsi que cette année-là, pour la première fois et pour les années futures, nous avons soufflé sur des bougies avant de partager la traditionnelle bûche de Noël!  Quant à savoir combien de bougies nous y plaçons...

Les traces

Sur mon passage, je laisse des traces…

Traces éphémères?

Mes empreintes de pas étaient restées dans la neige. De jour en jour, je les revoyais avec étonnement.

Un matin, convaincue que le vent les avait effacées, je les redécouvris avec surprise : toujours visibles et bien glacées, quelque peu enfouies sous d’autres fraîchement déposées.

Un jour, il neigera tant qu’elles disparaîtront complètement. D’autres que moi fouleront le sol à cet endroit. Il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps.

De toute façon, qui suis-je? Qui prétends-je être? Je suis si petite, si ordinaire. Tant de saints et de chrétiens sont passés ici avant moi!

Nous, enfants et serviteurs de Dieu, sommes comparables à ces traces. D’autres ont marché avant nous et bien d’autres marcheront encore…

Seul le temps présent semble avoir un sens, mais l’espérance de nos pas gravés quelque part sur le Chemin de Vie et de Vérité menant à Dieu demeure.

Je ne suis qu’une trace… mais une trace dont on risque d’en suivre le parcours, car c’est l’Amour qui l’empreint.

L'épi de blé

Avez-vous déjà admiré un champ de blé, remarqué la grâce et la souplesse avec lesquelles les épis se meuvent dans le vent? Ensemble, ils forment une mer dorée et uniforme qui ondule selon les variations du même souffle qui la berce.

Pourtant, lorsque nous regardons les épis de plus près, nous remarquons qu’ils ne sont pas tous identiques. Certains ont réussi à pousser plus haut que d’autres. À leur côté, se blottissent les plus petits. D’autres luttent contre les mauvaises herbes qui s’acharnent contre eux. Certains reçoivent une pluie abondante. D’autres périssent par la maladie.

Avez-vous observé un épi de blé au mitan de l’été? S’il est mûr, on dirait qu’il contient et reflète toute la lumière du soleil. Sa longue tige s’incline sous le poids de ses grains prêts à éclater.

Comme le grain qui ne peut donner assez de farine pour fabriquer un pain, l’épi ne peut prétendre nourrir à lui seul toute une famille. Il a donc besoin de l’apport de ses frères et sœurs pour qu’ils puissent ensemble constituer le pain de vie.

Le moissonneur les fauches le temps voulu et chacun se donne, entier, selon sa croissance et son épanouissement. Sauf, peut-être, les quelques-uns trop durs, les rebelles, ceux aussi qui ne sont pas assez mûrs. Ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas se faire casser, broyer, transformer. Ceux-là, nous ne savons pas où ils vont…

Les épis qui s’offrent au moissonneur, le font dans la joie et l’espérance. Seigneur, fais que je sois un de ces épis.

S’il vous est donné l’occasion de croiser sur votre route un champ de blé cet été, regardez-le de près. Vous y verrez peut-être un épi qui vous ressemble ou auquel vous aimeriez ressembler…

(Inspiré de la photo d’un épi de blé sur le Prions en Église mensuel, Novalis, Juillet 1997)

Le respect

On m'a dit que le respect est une forme de jugement?

Pour moi, le respect est lié à la présence divine dans chaque être. Chaque être porte Dieu en lui, chaque être humain est un temple où Dieu est présent. Dans chaque personne le Christ y est en devenir.

C'est pourquoi le respect envers l'autre est si important. Chaque vie est sacrée. Le respect n'est pas une convention sociale, c'est beaucoup plus profond. On oubli l'enveloppe charnelle, on ne voit que l'âme. 

Ma perception du respect me permet de voir les personnes qui m'entourent autrement que par l'apparence, le titre, leurs paroles blessantes, les actions qu'elles portent, etc. Ce respect permet beaucoup de compassion et il permet aussi de passer au travers de bien des épreuves...

Ce respect permet un dépassement de soi. Il permet de goûter à cet amour universel que nous devrions tous avoir les uns envers les autres, peu importe notre origine ethnique, notre statut social, notre éducation, etc.

Pour nos trente ans

Pour nos trente ans[1]

Nous voulons partager avec vous, aujourd’hui, ce que nous portons, notre vérité à nous, notre vécu bien personnel par rapport au mariage. Nous ne voulons surtout pas dire que ce que nous pensons nous rend meilleurs que d’autres. Et nous ne voulons offenser personne.

Il y a 30 ans, nous avions lu un texte de Martin Gray en guise d’introduction à notre célébration de mariage. En voici une partie. Vous verrez qu’il est toujours actuel.

« Certains croient que le temps n'est plus au mariage. Qu'il suffit de vivre l'un avec l'autre sous le même toit pour que l'union soit réelle et qu'on peut ainsi, quand le temps de l'amour a cessé, se séparer, recommencer. La vie serait ainsi une suite d'expériences que jamais le mariage ne viendrait sanctionner. Le mariage ne serait qu'une vieille coutume à abolir et dont ne serait plus victimes que les naïfs.

J'ai dit que je voulais préserver la naïveté et je veux aussi défendre le mariage.

Il faut qu'à un moment donné ton engagement soit total, conclu pour l'éternité. Il faut que tu croies cela. Et c'est pourquoi j'aime que le mariage soit un sacrement, un symbole qui dans les religions, quelles qu'elles soient, a une importance capitale. » (Martin Gray)

Pour nous, le mariage c’est d’avoir demandé à Dieu de bénir notre union pour qu’elle soit un chemin de sanctification et d’expérimentation de l’amour du Christ. C’est vouloir la présence de Dieu et accueillir cette présence au cœur de notre vie quotidienne. C’est l’assurance que nous ne sommes pas seuls.

Le mariage c’est un sacrement, certains entrent dans la vie religieuse, certains sont célibataires, d’autres se marient. Le mariage c’est un ministère d’amour.

30 ans peut paraitre beaucoup d’années, mais nous n’avons pas assez de toute une vie pour nous aimer, pour apprendre à nous connaitre, pour nous accueillir dans nos différences, tels que nous sommes, pour grandir l’un avec l’autre et l’un par l’autre.

Le mariage c’est un pèlerinage de vie à deux, un cheminement humain et spirituel, une croissance pour devenir adultes et adultes dans la foi.

C’est aussi la joie de la vie familiale, car notre amour a donné naissance à trois beaux enfants et un petit-fils que nous aimons beaucoup. Les enfants sont des cadeaux qui nous font grandir, nous font connaitre davantage et nous épanouir.

Le mariage c’est un chemin que nous avons choisi de prendre, il y a 30 ans, mais sans avoir pensé ou imaginé tout ce que cet engagement nous ferait vivre tout en nous permettant de donner le meilleur de nous-mêmes.

Nous terminons avec une pensée d’Antoine de Saint-Exupéry : « Aimer ce n’est pas se regarder l’un l’autre, c’est regarder ensemble dans la même direction. »



[1] Texte lu le 29 juin 2014, lors du renouvellement de nos vœux de mariage pour célébrer nos 30 ans de mariage.

Les rencontres signifiantes de ma vie (mon histoire sainte)

Ma mère, Carmen

Je suis convaincue que Dieu a toujours placé sur ma route des personnes signifiantes, des personnes qui ont préparé le terrain. Il m’a envoyé des personnes pour nourrir ma foi et m’amener plus loin dans l’expérience spirituelle. Je Lui en suis très reconnaissante. Je m’aperçois que j’ai fait plusieurs rencontres signifiantes, comme plein de petits phares placés sur ma route pour me guider. Je pourrais écrire plusieurs pages sur chacune de ces rencontres. J’en ai choisi quelques-unes à différentes périodes de ma vie.

Je pense que la première rencontre signifiante dans ma vie a été celle avec ma mère. Elle m’a donné beaucoup d’amour et, la première, elle a nourri ma foi. Je me souviens qu’enfant, elle m’amenait à la messe tous les dimanches et j’aimais y aller. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble : mes frères et ma sœur étaient plus vieux et quand je suis née, ils allaient déjà à l’école. Ma mère a posé une quantité de regards d’amour sur moi, elle me valorisait, elle était fière de moi, elle m’apprenait beaucoup de choses. Pendant longtemps, elle a participé au développement de ma spiritualité, jusqu’à temps que je sois une jeune adulte.

Lorsque j’étais adolescente, dans les moments difficiles (mon père avait une dépendance à l’alcool), elle s’en remettait à la spiritualité du mouvement Al-Anon, spiritualité à laquelle elle m’avait initiée. À l’âge de 50 ans, elle a suivi plusieurs cours, donnait des ateliers, écrivait des monologues et faisait des one woman show dans les centre communautaires, etc. C’était un autodidacte et tout ce qu’elle faisait lui permettait de s’épanouir et lui servait de thérapie. Elle a été consciente plus tard qu’écrire lui a permis de guérir. Elle était bénévole dans plusieurs mouvements et comités. Elle lisait beaucoup. Elle partageait avec moi ses découvertes que ce soit au niveau de la foi, de la spiritualité, des relations humaines, de la relaxation, de l’alimentation, du théâtre, des chansons, etc. Elle s’est mise au monde par elle-même (et j’en ai beaucoup bénéficié, je crois), malgré une enfance difficile. Elle est née en 1927, 16e d’une famille de 16 enfants et sa maman est morte, deux ans plus tard, en donnant naissance au 17e enfant mort lui aussi. Elle n’a pas eu de mère et aucune de ses sœurs ne l’ont vraiment adoptée.

Par contre, ma mère était une personne vive, qui parlait beaucoup. Elle disait tout ce qu’elle pensait, ce qui n’était pas toujours heureux. Elle était probablement bipolaire. Cela a développé chez moi une grande écoute des autres, mais aussi le besoin de rechercher et d’aimer le silence et la paix.

Ma mère a semé beaucoup en moi, par sa façon d’être, par sa foi et par notre relation. J’ai reçu beaucoup d’elle. Elle a été la première à préparer le terrain. Je lui en suis très reconnaissante. De tout ce que j’ai appris d’elle, je me souviens de trois textes, comme des cadeaux reçus qui m’ont servie beaucoup et que j’ai pu approfondir dans ma vie : le slogan Al-Alnon et AA : « Lâcher-prise et s’en remettre à Dieu »; la Prière de la Sérénité : « Mon Dieu, donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que je ne puis changer; le courage de changer les choses que je peux; et la sagesse d’en connaitre la différence »; et une phrase qu’elle avait lue quelque part, phrase qui changea mon regard sur les autres et qui a été déterminante dans ma vie : « aimer quelqu’un pour ce qu’il est et surtout, pour ce qu’il est appelé à devenir ».

J’ai eu tellement d’autres rencontres signifiantes dans ma vie…

Je me souviens d’un animateur de pastorale à l’école secondaire qui nous initiait à la lecture, à la compréhension et à l’interprétation du Nouveau Testament, avec qui on organisait des Céder où nous dansions des danses juives. Je me souviens aussi des animateurs du mouvement La Clé avec qui nous faisions des weekends de ressourcement pour les adolescents. Ce qui me frappait chez tous ces animateurs, c’était leur attitude col, de laquelle se dégageait une paix, une joie et un amour pour Dieu et du prochain. Pour moi, c’était très nourrissant, car je n’avais pas de modèles masculins à la maison et ils rendaient accessible ce que je percevais inaccessible : Dieu.

La rencontre de mon conjoint Jean-Guy, chez qui j’ai perçu la présence d’une âme à découvrir et avec qui je vis l’amour conjugal depuis 32 ans. Cet amour est un terreau riche en expériences qui viennent approfondir ma foi de toutes sortes de façons. Mes enfants qui m’ont révélée à moi-même et que, dès leur naissance, j’ai bénis et offerts au Seigneur.

Plusieurs prêtres, religieux et religieuses ont marqué ma vie de foi : le père Georges Madore, Montfortain, par sa spontanéité, son authenticité et son attachement profond à Marie; le père Christian Beaulieu, par son charisme pour les jeunes, sa joie et sa profondeur avec lesquelles il célèbre une messe; le père Normand Denis, par sa façon directe de parler à ses paroissiens dans ses homélies; le père Robert Allard, par sa grande sensibilité et par sa générosité dans le partage de ses connaissances; le père Richard Guimond, par son amour de la messe; l’abbé Pierre Desroches, par l’amour de Jésus présent dans son prochain; l’abbé Frank Leo, par toute la noblesse et la pureté de Jésus qui se dégage de son être; André Milot qui m’a fait don de l’espérance lors de son ordination; le père Germain Grenon, m.s.a., par son souci de l’autre et par le partage de sa foi dans ses enseignements; le frère Serge Gauthier, s.c., par sa patience envers les jeunes; sœur Lise Richer, Fille de la Sagesse, par son dynamisme; Sœur Louise, r.m., par sa grande joie; Sœur Ginette, r.m., par sa pureté; Sœur Sylvie Gagné, p.s.a., par tout son être qui manifeste le Christ. Ces personnes, chacune à leur façon, ont été (ou sont encore) des témoins qui m’ont façonnée au fil des années et qui m’ont révélé Dieu de différentes façons. Je me sens en communion fraternelle avec toutes ces personnes, avec tous ces amoureux fous de Dieu, même si certaines ne font plus parties de ma vie présente.

J’avais placé dans cette liste, frère Gratien Dubois, m.s.a., pour son engagement et sa fidélité dans la prière. Il est décédé entre temps. En me rendant à ses funérailles, je chantais, dans mon auto : « C’est jour de fête, c’est jour de joie, alléluia! » à répétition. Cela ne m’a pas empêchée de verser quelques larmes pendant la cérémonie, mais je sais que Frère Gratien est dans la joie, car il m’en a fait don à son décès.

J’ai eu la chance de côtoyer, il y a quelques années, l’ancien ministre Claude Ryan à Radio Ville-Marie. Je me suis découvert une grande estime pour cet homme public qui avait été la risée de tous parce qu’il osait parler de sa fi dans un Québec moderne. Monsieur Ryan m’a fait un grand cadeau en me faisant goûter à la paix : lorsqu’il est mort en février 2004, j’ai été me recueillir devant sa dépouille et j’ai été imprégnée d’une paix indescriptible, bénéfique, joyeuse, remplie de lumière de d’amour. Ce fut insoutenable dans mon cœur et dans mon corps. J’ai été me réfugier plus lopin dans la chapelle pour pleurer. Je pense que Dieu m’aime beaucoup pour m’avoir permis de vivre une telle expérience, une telle consolation. J’ai savouré Sa Paix, j’essaie de la retrouver en moi et je l’espère.

J’ai reçu différents cadeaux de personnes significatives décédées et c’est en perdant deux d’entre elles à trois semaines d’intervalle en 2009 (Frère Gratien et mon accompagnatrice spirituelle, Christiane Rochefort), que j’ai saisi l’importance des cadeaux personnels que nous laissent nos chers défunts. J’en ai dressé une liste que j’aime relire et méditer.

Mon Père, Roland : Sa générosité et son cœur à l’ouvrage. L’amour de la nature : son respect et son repos offert.

Patrice Fleury : l’humour et, en même temps, le sérieux de la vie, une saine alimentation.

Tante Thérèse : le dévouement aux autres et la patience.

Oncle Eugène : le rassembleur. S’amuser. L’esprit de famille.

Yvonne et Joseph (grands-parents paternels) : l’harmonie avec la nature, l’émerveillement, travaillants et habiles capables de tout faire et de tout réinventer (à l’avant-garde du recyclage).

Philippe : sa simplicité.

Pierrette : femme de revendications.

Claude Ryan : la paix divine, la communion.

Frère Gratien, m.s.a. : la joie divine et l’humilité.

Christiane Rochefort-Bourque : l’amour, source sans fin. La famille : la priorité. La chaleur humaine, le respect, le dévouement.

Robert Fradet : au service des petits.

Sœur Pauline Legendre (Sœur Paul-de-Tarse) r.m. : la prière source de guérison, de réconfort et de paix.

En 2007, j’ai rencontré une religieuse âgée de 102 ans qui allait bon train avec sa marchette et dont les yeux bleus pétillaient. Elle disait : « Dites à Jésus, plusieurs fois par jour, que vous l’aimez! » Une rencontre comme celle-là, ça ne s’oublie pas! Mon âme est restée vibrante pendant des jours et, poussée par l’Esprit, j’ai partagé l’expérience de cette rencontre avec plusieurs personnes.

Il y a aussi les Soeurs de Miséricorde et les membres de la Famille Internationale de Miséricorde, mes compagnes de travail, mes amis, les Associés aux Recluses Missionnaires et les Recluses Missionnaires, les familles que j'ai rencontré pendant plus de dix ans au camp familial chrétien,  les gens côtoyés au Pèlerin : toutes ces personnes me révèlent les différents visages de Dieu. Avec elles, je vis un partage de notre foi et de notre amour de Jésus.