De la prière

La prière tient une place importante dans mon expérience spirituelle. J’ai assisté à plusieurs messes depuis mon enfance et je prie depuis longtemps, mais mon souvenir au sujet de la prière s’arrête à la fin des années ’80, je ne peux remonter plus loin. J’avais vingt-six ans.

À l’époque c’était une prière de besoin, qui transposait un besoin de Dieu, besoin de prier de manière à tout centrer sur moi. Ce fut la découverte du livret La Parole quotidienne dont ma mère m’avait fait la lecture lorsque j’étais malade (une forte varicelle) et que je devais prendre soin de ma première fille qui n’avait que quatre mois. J’ai continué cette lecture quelques années, car cela venait répondre à un besoin d’être soutenue. Dieu était un Dieu à qui je demandais de m’aider à tenir le coup.

Puis, il y a eu une ouverture sur les autres par la prière dans une maison de désintoxication, Le Pharillon, fondée le père Christian Beaulieu, où le mercredi soir, les gens de l’extérieur venaient prier avec ceux qui faisaient leur cure pour les soutenir dans leur démarche à la fois de sobriété et de spiritualité. Prier en communion avec les autres. Prier pour les autres. Prier pour Dieu, être tout simplement en sa présence, pour le remercier, pour lui rendre grâce des transformations qu’il opérait sur ces jeunes dont l’avenir, au départ hypothéquée, s’ouvrait sur l’espérance et la lumière.

Ce changement de la prière de besoin à la prière de désir s’est opéré par la rencontre de Dieu à travers les autres qui venaient révéler le désir de Dieu en moi. Nous étions nourriture les uns pour les autres, tous nourris à la même source.

***

Charles de Foucauld

Durant la consolidation de mon désir de Dieu au printemps 2008, est arrivée comme un cadeau (à la Chapelle de la Réparation-du-Sacré-Cœur, une pure inconnue s’est dirigée vers moi et me la remise), la prière d’abandon écrite par le frère Charles de Foucauld. Faire la volonté de Dieu pour sa gloire et le salut des hommes était devenue ma devise et cette prière est venue m’apprendre vraiment ce qu’est l’abandon à la volonté de Dieu.

 

Prière d'abandon de Charles de Foucauld

Mon Père,
Je m'abandonne à toi,
fais de moi ce qu'il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.
Je suis prêt à tout,
j'accepte tout,
pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures.
Je ne désire rien d'autre, mon Dieu.
Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu, 
avec tout l'amour de mon cœur
parce que je t'aime,
et que ce m'est un besoin d'amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains sans mesure
avec une infinie confiance car tu es mon Père.

 

Charles de Foucauld y parle d’un besoin d’amour ce qui vient un peu me questionner à savoir si le désir de Dieu provient à la base d’un besoin d’amour que nous avons en nous, si amour et désir ne font qu’un. Cet amour d’où vient-il, où prend-il sa source si ce n’est au plus profond de nous-même, dans le désir même? Amour et désir ne font qu’un.

Le Notre Père aussi est une prière importante pour moi car, comme l’écrit Benoît Garceau, elle est  « traversée par un grand désir », désirer que le nom de Dieu soit béni, que le règne de Dieu vienne et que la volonté de Dieu se fasse.[1]

À la suite d’une suggestion d’un professeur de spiritualité chrétiennej’ai mis par écrit mon propre credo, le 23 septembre 2008.

 

Mon credo

Je crois en la présence de Dieu dans tout et dans tous;

à la puissance de l’amour, de la prière, de la miséricorde, du pardon et de la paix;

aux transformations que l’Esprit Saint opère dans ma vie quotidienne : présence, inspiration, guérisons, morts, renaissances;

à la bonté intrinsèque des êtres humains;

à l’éternel présent qui est vie éternelle déjà présente;

à la vie plus forte que tout;

à la communion des Saints;

je crois en Jésus, mon frère, et en moi, fille de Dieu, qui effectue un pèlerinage sur la terre pour atteindre la lumière et me fondre dans l’amour de Dieu.

Je crois à ce que je suis le prolongement de l’incarnation de Jésus et à ce que je veux continuer son œuvre d’amour, l’avènement de son Royaume.

Je crois en mon prochain comme frère et sœur en Jésus et un jour, je l’aimerai comme moi-même.

Je crois en la présence de Dieu dans le Saint-Sacrement.

Je suis imparfaite, mais en devenir;  incomplète, mais façonnée par Dieu.

Je suis aimée de Dieu.

Je fais un avec Dieu.

 

La prière, pour moi, est une ouverture permanente qui laisse le désir de Dieu s’exprimer dans une communion avec Lui. Elle me permet de « rencontrer celui que mon cœur cherche »[2]. Elle me place dans un état de relation constante avec l’Esprit Saint qui est en moi. Cela rejoint la pensée de Henri Boulad, de se laisser mouvoir par l’Esprit. Laisser l’Autre vivre en moi, agir en moi, parler en moi. C’est par la prière que nous pouvons atteindre ce point et y demeurer.[3]


[1] Benoît Garceau, La voie du désir, Canada, Médiaspaul, 1997, page 45.

[2] Ibidem, page 51.

[3] Henri Boulad, La spiritualité prend-elle le relais des religions?, page 7.

Prières du matin (rituel)

Mon petit oratoire

Selon ce que je vis, ce que je découvre, ce que l’Esprit m’inspire surtout, je développe un rituel de prières matinales qui reste quelque mois, puis qui se transforme en un nouveau qui voit le jour. Chacun, chacune nous développons notre propre rituel, c’est très personnel. Je vous partage le mien, car j’aime beaucoup ces prières, mais soyez à l’écoute de l’Esprit en vous. J’aime ajouter des intentions et des prières spontanées selon les événements de ma vie, celle de mes proches et ce qui se passe dans le monde.

Présentement, voici mon rituel.

Je commence en disant :

« Dieu, notre Père, purifiez-moi, rendez-moi digne et apte à être dans votre Sainte Volonté, unifiez-moi à votre Sainte Trinité, éloignez de moi tout ce qui ne vient pas de vous; tout cela pour votre plus grande gloire et pour le salut de mes frères et sœurs. Avec de l’eau bénite, je dis, en faisant mon signe de croix : « Je renouvelle mon baptême, au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit, amen. » Dans un 2e temps, je dis, en me faisant une croix sur le front avec de l’huile bénite, « Dieu notre Père, venez guérir en moi tout ce qui est blessé, selon votre Volonté »; et, en me faisant une croix sur le cœur, je dis : « Dieu notre Père, poursuivez en moi votre œuvre de miséricorde, tout cela pour votre plus grande gloire et pour le salut des êtres humains. »

 

Puis je dis, en faisant un signe de croix : « Que ma journée se passe au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, pour la gloire de Dieu et le salut des êtres humains. »

 

Ensuite, je dis la Prière de saint Jean XXIII :

Mon Dieu, mon Sauveur, mon Père, déversez dans toutes les parties de mon corps votre dynamisme, votre puissance, votre force, votre joie, votre paix, votre bonté, votre beauté, votre tendresse et votre amour.

Je me remets entre vos mains, que votre toute puissance parcoure mes veines et que votre énergie et votre vitalité fassent battre mon cœur au rythme de votre amour infini.

Que chaque matin, je m’accueille tel que je suis et ouvre mes mains pour me recevoir de vos divines mains, ô mon Père, et aidez-moi à transfuser votre cœur en d’autres cœurs qui ont faim et soif de vous. Amen

 

J’embrasse mon icône de la Sainte Trinité en disant : « Ô Sainte Trinité que j’adore.»

 

Je dis la Prière aux saints Anges (je n’en connais pas l’auteur) :

Saint Michel Archange, « qui est comme Dieu », protège-moi dans le combat contre l’adversaire.

Saint Gabriel Archange, « Force de Dieu », veille sur ma route et garde-moi fidèle aux appels de Dieu.

Saint Raphael Archange, toi qui guéris, purifie mon cœur. Donne-moi de trouver en toute personne, tout événement, le visage de mon Dieu.

Saint Ange de Dieu, toi à qui le ciel m’a confiée dans sa bonté, veille sur chacun de mes pas. Rend-moi prompte à faire sa volonté, toujours attentive à sa Parole et fais-moi parvenir au lieu qu’en son amour Il m’a préparé. Amen.

 

Je pose mon regard sur une image de Sainte Anne et sur celle de la vénérable Rosalie-Cadron-Jetté (fondatrice des Sœurs de Miséricorde de Montréal).

 

Je chante un refrain : « Ô viens, Esprit de Miséricorde, Père des pauvres, fleuve d’eau vive jailli du cœur ouvert de Jésus, viens, je t’en prie, ne tarde plus. » (Je donne un doux baiser sur une croix où Jésus y est crucifié)

 

Puis, je dis la Prière de protection reçue par Sulema (j’y ai ajouté le mot Précieux) : « Ô Précieux Sang de Jésus répandu sur la Croix, purifiez-nous, lavez-nous et protégez-nous. Ô Précieux Sang de l’Agneau Immolé, défendez-nous de toutes les attaques du Malin. Ô Précieux Sang jailli du Cœur de Jésus, préservez-nous de tout mal. Amen. »

 

En regardant l’icône de la Sainte Trinité je demande : « Ô Sainte Trinité que j’adore, donnez-nous la grâce, à mon mari et moi, de vivre en Communion d’Amour Trinitaire, par le sacrement de mariage qui nous unit. Amen. »

 

Puis je dis une Prière à Saint Joseph, en lui  confiant, entre autres, toutes les mères célibataires et monoparentales dans le monde et leurs enfants et en particulier pour une qui m’est proche : « Je te salue Joseph, toi que la grâce divine a comblé; le Sauveur a reposé dans tes bras et grandi sous tes yeux; tu es béni entre tous les hommes et Jésus, l’Enfant divin de te virginale épouse est béni. Saint Joseph, donné pour père au Fils de Dieu, prie pour nous dans nos soucis de famille, de santé et de travail, jusqu’à nos derniers jours, et daigne nous secourir à l’heure de notre mort. Amen.

 

Puis devant l’icône de la Sainte Famille, je dis la prière d’adoption spirituelle d’un enfant à naitre que j’ai renchérie : « Seigneur Jésus, par l’intercession de votre Sainte Mère, la Sainte Vierge Marie, je vous prie pour cet enfant à naitre que j’ai adopté spirituellement et qui se trouve en danger d’être exterminé (et tous les autres enfants à naitre dans le monde). Donnez à ses parents tout l’amour, le soutien, le courage, la force, l’aide et les connaissances nécessaires pour qu’ils le laissent à la vie que vous lui avez destinée. Envoyez sur eux votre Esprit Saint. Amen. Notre-Dame-de-Guadalupe, priez pour nous, amen. »

 

Je demande à Jeanne LeBer et à Rosalie Cadron-Jetté de m’accompagner.

S’ajoute à cela, en lecture matinale reçue par courriel, la Pensée du matin de la Fondation des Choisis de Jésus, le Message-lumière de la Famille Myriam (qui inclut l’évangile du jour), le message d’Une minute avec Marie. Puis, en déjeunant, la lecture d’Une pensée par jour, Saints et Bienheureux de la Nouvelle-France, la méditation de Prier la Parole et la messe du jour dans le Prions en Église.

 

Tout cela peut paraitre beaucoup, mais tout se prie, se lit et se médite d’une façon naturelle et en son temps. Il est très rare que je quitte la maison sans avoir offert ma journée au Seigneur, sans m’être unifiée à Lui (et à ma famille du Ciel), par ces prières et ces textes, pour être un instrument de sa volonté. Un jour, je pourrai dire, comme saint Paul : « Ce n’est plus moi qui vit, c’est le Christ qui vit en moi. » Galates (2, 20)

 

Prières pratiquées au fil du temps

Voici quelques-une des prières dont je me souviens avoir priées ou que je prie encore aujourd'hui.

 

Une des premières prières extérieures à la liturgie de la messe dont je me souviens avoir apprise par ma mère est la Prière de la sérénité. J'y reviens de temps en temps.

 

Prière de la sérénité

Mon Dieu,
Donnez-moi la sérénité
D'accepter
Les choses que je ne peux changer,
Le courage
De changer les choses que je peux,
Et la sagesse
D'en connaître la différence.

 

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Prière de Saint-François

« Seigneur, fais de moi un instrument de ta Paix!

Là où est la haine, que je mette l’amour;

Là où est l’offense, que je mette le pardon;

Là où est la discorde, que je mette l’union;

Là où est l’erreur, que je mette la vérité;

Là où est le doute, que je mette la foi;

Là où est le désespoir, que je mette l’espérance;

Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière;

Là où est la tristesse, que je mette la joie;

Fais que je ne cherche pas tant d’être consolé que de consoler;

D’être compris que de comprendre;

D’être aimé que d’aimer :

Parce que c’est en donnant que l’on reçoit,

C’est en s’oubliant soi-même qu’on se retrouve.

C’est en pardonnant qu’on obtient le pardon.

C’est en mourant que l’on ressuscite à la vie éternelle. »

           

            ***

 

Communion spirituelle

On peut dire cette prière et se placer en état de communion spirituelle lorsqu'il nous est impossible de recevoir la Sainte Communion quotidiennement, lorsque nous voulons, à tout moment de la journée, nous unir au Christ Jésus. Cette prière se vit dans le même esprit que la communion, elle est suivie par un silence recueilli.

« Ô Jésus, je me tourne vers le Saint Tabernacle où vous demeurez caché pour mon amour. Moi aussi, je vous aime, Ô mon Dieu. Je ne puis en ce moment vous recevoir dans la Sainte Communion. Venez cependant me visiter, par votre grâce sanctifiez-moi et rendez mon cœur semblable au vôtre.

Ô bon Jésus, je m'unis à votre Cœur brûlant d'amour, à vos saintes plaies, à vos intentions, pour m'offrir continuellement par Vous, avec Vous et en Vous, à la très Sainte Trinité.

Amen. »

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 Cette section se poursuivra sous peu par d'autres de mes prières préférées.

Prier avec la Famille reclusienne

Jeanne Le Ber

En tant qu'Adoratrice Missionnaire de la Famille reclusienne, je partage avec vous quelques prières qui nourrissent notre spiritualité.

 

Prière de l'Offrande de l'heure des Recluses Missionnaires et des Adoratrices et Adorateurs Missionnaires de la Famille reclusienne

Cette prière permet d'actualiser notre dépouillement et l'offrande quotidienne de notre vie. Elle est dite une fois l'heure à la 50è minute.

Dieu notre Père, tu nous appelles à participer à la Pâques de ton Fils en prenant avec Lui, la voie du dépouillement et de l'offrande.

Unis, dans l'Esprit Saint, l'offrande de notre vie et de toute la création à l'éternelle offrande du Christ Jésus.

Que, sous le regard de Marie, notre union avec Jésus entre nous et avec tous, atteigne sa plénitude dans le sacrement de son amour.

Amen.

 

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Jeanne Le Ber

Jeanne Le Ber est une recluse laïque qui a vécu de 1662 à 1714 à Ville-Marie (Montréal, Québec, Canada).

Pendant 15 ans, elle vit en réclusion chez ses parents. Puis pendant 19 ans, elle vivra dans une pièce avec vue sur le tabernacle de la chapelle chez les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame. Sa cause de canonisation n'est pas encore à Rome, mais on en est à l'écriture de la positio à la suite de son procès diocésain. 

 

Prière pour obtenir une faveur par l'intercession de Jeanne Le Ber

Dieu éternel et tout-puissant, nous te louons pour ta servante Jeanne Le Ber. Fidèle à la grâce de ton appel, elle a tout quitté pour vivre en silence dans une solitude absolue, afin de s'unir toujours plus à ton Fils Jésus présent dans l'Eucharistie.

À sa prière, ravive notre foi en l'Eucharistie, rends-nous attentifs aux appels de ta grâce et accorde-nous la faveur que nous te demandons en ce moment...

Gloire au Père, au Fils et au Saint-Esprit, au Dieu qui est, qui était et qui vient, pour les siècles des siècles.

Amen.  

 

Prière pour la béatification de Jeanne Le Ber

Père plein de tendresse, tu as manifesté ta sollicitude pour les débuts de Montréal, en mettant dans le coeur de ta servante Jeanne Le Ber, un attrait à vivre une intimité toujours plus profonde avec ton Fils Jésus présent dans l'Eucharistie.

Tu as aussi voulu que la qualité de son intercession soit reconnue et qu'on recoure à elle dans des situations difficiles.

Nous te demandons que sa béatification par l'Église attire nombre de tes enfants à l'adoration eucharistique par laquelle tu veux combler le monde de tes bienfaits.

Daigne exaucer les prières que nous t'adressons maintenant par Jeanne pour ta gloire et la joie de ton Église.

Amen.

 

Pour en savoir davantage sur Jeanne Le Ber, les Recluses Missionnaires et les divers groupes de la Famille reclusienne : http://reclusesmiss.org.

Prier avec Rosalie Cadron-Jetté

La vénérable Rosalie Cadron-Jetté a vécu au Québec de 1794 à 1864. Cette femme exceptionnelle qui a été épouse, mère, grand-mère, veuve et religieuse est la fondatrice des Sœurs de Miséricorde. Le charisme de cette communauté est de « vivre la miséricorde de Jésus Sauveur avec les filles enceintes hors mariage et les mères vivant difficilement leur maternité, leurs enfants et leurs proches. »

J’ai connu la vie et l’œuvre de Mère Rosalie, il y a bientôt 6 ans, lorsque j’ai commencé à œuvrer chez les Sœurs de Miséricorde.

Voici la Prière à Rosalie :

Dieu de tendresse, toi qui connais mon cœur et mes désirs, fais-moi vivre dans ta miséricorde.

Que l’audace et la compassion de Rosalie Cadron-Jetté soient une inspiration constante pour moi et que, par son intercession, j’obtienne la faveur sollicitée.

____________________

Par Jésus, source de vie.

Amen.

 

Il existe aussi une Neuvaine avec Rosalie qui résume sa vie et sa spiritualité. Vous pouvez accéder au texte de cette neuvaine en allant sur le site Internet du Centre Rosalie-Cadron-Jetté à www.centrerosaliecadronjette.org en cliquant sur l’onglet Charisme et spiritualité, puis sur celui Prier avec Rosalie. Sur ce site, vous trouverez aussi la biographie de Rosalie, l’histoire des Sœurs de Miséricorde, des renseignements sur la Famille Internationale de Miséricorde et divers textes de réflexion et de cheminement.

Expériences de prières

La prière est la façon d’entrer en relation avec Dieu qu’elle soit adoration, louange, glorification, remerciement, intercession, lecture de la Parole, chant ou douce soumission à sa volonté. La prière idéale, pour moi, est un état de communion à Dieu dans  chaque moment de ma vie, c’est être avec Dieu dans le moment présent.

C’est donc une disposition intérieure, un contact, un dialogue avec la Source et avec le Souffle, se laisser guider dans le silence, être ajustée à Dieu, à sa volonté, c’est un état d’être constant.

À force de répéter des prières ou d’autres textes religieux (je pense ici aux textes de la messe) c’est comme si ils en venaient à perdre leur sens, leur profondeur, car nous n’y portons plus attention et notre façon de nous positionner intérieurement en les récitant vient les dépouiller aussi.

J’aimerais partager avec vous deux expériences qui ont changé ma façon de prier certains textes. Je pense ici à la prière du Notre Père et au Credo.

 

La prière du Notre Père

Je vous invite à lire ou à réciter cette prière avant de lire ce qui suit.

Notre Père qui es aux cieux, 
Que ton nom soit sanctifié, 
Que ton règne vienne, 
Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour.
Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés, 
et ne nous soumet pas à la tentation, 
mais délivre-nous du mal.

Car c'est à toi qu'appartiennent : 
le règne la puissance et la gloire, 
Pour les siècles des siècles.
Amen.

La prière du Notre Père est mouvance et m’amène à vivre une expérience de foi, au fil des ans, de plus en plus profonde. 

Un premier déclic s’est fait, il y a quelques années, alors que je récitais cette prière en marchant dans ma cuisine. Je me souviens, je me suis arrêtée net, devant mon réfrigérateur : mon âme vibrait, je saisissais ce que Dieu attendait de moi avec ces  paroles : « que ta volonté soit faire sur la terre comme au ciel. » Mais oui, c’est ça! La volonté de Dieu n’est pas un acte qui vient d’un ailleurs, d’une intervention divine qui me tombe dessus, mais bien du dedans de moi… C’est par moi que la volonté de Dieu se fera sur la terre. C’est moi qui acquiesce à cette volonté, qui la fait mienne, qui m’offre pour qu’elle advienne. Dieu a besoin de moi, Il a besoin de chacun de nous.

Se placer en présence, faire corps avec Lui, être docile à l’Esprit, se laisser guider. Ouverture, accueil, disponibilité. Participer à l’édification du Royaume d’amour de Dieu.

Accepter de ne pas tout comprendre, tout saisir, faire confiance.

À partir de ce moment, lorsque je récite la prière du Notre Père, je joins toutes les personnes présentes autour de moi (et même celles de la terre entière) et je demande à Dieu en disant « que ta volonté soit faire sur la terre comme au ciel » de faire descendre son Esprit afin que tous et toutes nous soyons participants à sa volonté.

À un autre moment, j’ai eu une compréhension de la prière du Notre Père qui me la faisait voir d’une façon nouvelle. Selon moi, cette prière est organisée en deux sections : une section où on glorifie Dieu et une section où on demande à Dieu de nous donner ce que nous avons besoin pour le glorifier sur terre. Je m’explique.

La première section : « Notre Père qui es aux cieux, Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel. »

Lorsque nous disons « Que ton nom soit sanctifié, Que ton règne vienne, Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel », nous demandons à Dieu de se glorifier en nous. C’est nous, sur terre, qui avons la responsabilité d’œuvrer pour que le nom de Dieu soit sanctifié, que le règne de Dieu vienne, pour que sa volonté soit faite. Tout cela doit s’établir à l’intérieur de nous pour se propager par la suite dans notre quotidien, dans notre vie, à notre prochain.

La deuxième section : « Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour. Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés. Et ne nous soumets pas à la tentation, Mais délivre-nous du Mal. »

Par ces paroles, nous demandons à Dieu de nous envoyer les outils dont nous avons besoin pour accomplir sa glorification en nous, pour accomplir ce qui est demandé par les paroles de la première section du Notre Père.

Notre pain de ce jour. Tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir autant physiquement, humainement et spirituellement. Pour devenir ce à quoi nous sommes appelés à devenir, i.e., le désir de Dieu sur nous.

Le pardon. Le pardon libère, guérit et laisse circuler la vie et l’amour.

La tentation. La tentation que l’on surmonte permet de grandir humainement et spirituellement, d’aller plus au profond dans la compréhension des enseignements de Jésus.

Délivre-nous du mal. Délivre-nous de nos servitudes et de tout ce qui empêche à la vie de triompher en nous.

Je vous invite à vivre l’expérience de la prière du Notre Père.

 

Le Credo

Quelques semaines après ma première expérience vécue avec la prière du Notre Père, j’en ai vécu une en récitant le Credo alors que je conduisais mon auto sur la voie de service de l’autoroute 40. C’est comme si je vivais, en témoin impuissante, toute la Passion du Christ. J’ai tellement pleuré… Je n’ai j’aimais ressenti une telle peine. Peine reliée à la souffrance et à la mort de Jésus, une peine immense, profonde, sans fin. La peine de Dieu. Puis la peine du Christ mourant pour nous tous qui sommes indifférents à son sacrifice, et pendant laquelle je demandais pardon pour tout et pour tous.

 

Les prières provenant des apparitions de Fatima

J’éprouve souvent cette même peine, lorsque je prie la prière laissée par l’Ange aux enfants de Fatima : « Mon Dieu, je crois, j’adore, j’espère et je vous aime. Je vous demande pardon pour ceux qui ne croient pas, n’adorent pas, n’espèrent pas et ne vous aiment pas. »